Waly Diouf Bodian lors de son passage à la direction du Port autonome de Dakar

La carrière de Waly Diouf Bodian au sein du Port autonome de Dakar (PAD) s’est achevée brutalement. Le président Bassirou Diomaye Faye a signé son limogeage, mettant fin à une période de deux ans à la tête de cette infrastructure stratégique. Une décision aux répercussions politiques majeures, alors qu’une ancienne déclaration de Bodian sur l’ancien président Macky Sall resurgit avec une ironie frappante.

Une prophétie Facebook devenue réalité à l’envers

En 2022, Waly Diouf Bodian, alors militant zélé de Pastef et défenseur acharné d’Ousmane Sonko, publiait un message sur les réseaux sociaux qui allait le poursuivre. Il y affirmait : « À partir d’avril 2024, le citoyen Macky Sall ne remettra plus les pieds au Palais de la République, sauf sur invitation officielle du président Ousmane Sonko ». Une prédiction qui, deux ans plus tard, se retourne contre son auteur avec une précision cruelle.

En effet, Macky Sall est revenu au Sénégal en juillet 2026, mais sans occuper le Palais présidentiel. Pire encore, Ousmane Sonko n’y était pas installé comme président. Un retournement du destin qui a surpris plus d’un observateur. Waly Diouf Bodian, lui, se retrouve aujourd’hui écarté de son poste à la tête du PAD, au moment même où l’ancien chef de l’État effectue son retour.

Le Port autonome de Dakar, nouveau théâtre des remaniements politiques

Ce limogeage s’inscrit dans une série de changements au sommet des entreprises publiques sénégalaises. Après la destitution de plusieurs hauts responsables proches de l’ancien régime, Waly Diouf Bodian devient le dernier en date à subir les foudres de la nouvelle administration. Une vague de restructuration qui touche notamment Aïda Mbodji (DER/FJ), Toussaint Manga (LONASE), Ngagne Demba Touré (SOMISEN) et Alioune Guèye (PETROSEN).

Un parcours marqué par l’engagement politique

Waly Diouf Bodian n’était pas qu’un simple haut fonctionnaire. Il incarnait aussi l’une des figures les plus en vue de Pastef, le parti au pouvoir. Ses prises de parole virulentes en faveur d’Ousmane Sonko, notamment après sa désignation comme « Gardien de la révolution », en avaient fait une cible privilégiée des critiques. Il était même allé jusqu’à se présenter comme le « Gardien du gardien de la révolution », revendiquant un rôle de protecteur intransigeant pour le leader du parti.

Son maintien à la direction du PAD après la destitution d’Ousmane Sonko avait déjà suscité des interrogations au sein de la base militante. Plusieurs responsables de Pastef avaient choisi de démissionner par solidarité avec leur leader. Interrogé sur cette situation, Waly Diouf Bodian avait répondu : « Il y a une gestion individuelle et une gestion collective. Certains ont fait le choix de la gestion individuelle. Mais nous, nous sommes des hommes politiques, nous faisons partie d’un parti et suivons ses orientations. Je n’ai pas été nommé directeur général par moi-même, c’est dans le cadre du parti que cette décision a été prise. »

Un départ sans éclat, mais marqué par la sobriété

Le communiqué du Conseil des ministres a acté le remplacement de Waly Diouf Bodian par Doune Pathé Mbengue, administrateur civil et maire de Cambérène. Ce dernier, inspecteur principal des Impôts et Domaines, occupait précédemment le poste de directeur adjoint de la Législation et de la Coopération internationale à la DGID.

L’intéressé a réagi sobrement à son limogeage. Sur sa page Facebook, il s’est contenté de publier un message court et sans équivoque : « Alhamdoulillah. Je rends grâce à Dieu ». Ni amertume, ni contestation, ni attaque personnelle. Une réaction qui contraste avec le ton souvent combatif qu’il affichait auparavant.

Avec cette éviction, le président Bassirou Diomaye Faye enterre un peu plus les espoirs de ceux qui voyaient en Waly Diouf Bodian un pilier de la transition politique. Son départ marque la fin d’une ère pour le PAD, mais aussi pour l’un des militants les plus emblématiques de Pastef.