Sonko conteste la gestion des fonds politiques par Faye : une crise au sommet de l’État ?

Le Premier ministre Ousmane Sonko a récemment exprimé son désaccord avec le président Bassirou Diomaye Faye concernant la gestion des fonds politiques. Une polémique qui secoue le gouvernement depuis plusieurs mois, alors que l’exécutif tente de concilier transparence et nécessité de financement des activités de l’État.

Ousmane Sonko et Bassirou Diomaye Faye en discussion

Lors d’une interview au Palais de la République, le président Bassirou Diomaye Faye avait défendu le maintien des fonds politiques tout en reconnaissant leur opacité. Selon lui, ces fonds, nécessaires pour des dépenses sensibles comme le renseignement ou la solidarité internationale, ne peuvent être détaillés publiquement. Une position qui a suscité des remous au sein même de l’équipe gouvernementale.

Un débat ancien ravivé par les promesses électorales

Ousmane Sonko, en tant que Premier ministre, a rappelé que la question des fonds politiques avait été soulevée dès 2019 au sein de son parti. Pour lui, ces fonds doivent être encadrés avec une rigueur comparable à celle appliquée en France, où leur utilisation est strictement contrôlée. Son objectif n’est pas de les supprimer, mais d’éviter qu’ils ne deviennent un outil d’enrichissement personnel ou de clientélisme politique.

« Nous n’avons pas dit que nous allons supprimer les fonds politiques, mais ils doivent être contrôlés comme dans des pays comme la France », a-t-il déclaré. Il a également révélé que la Primature dispose d’un milliard 770 millions de fonds politiques, soulignant l’importance de leur gestion transparente pour éviter toute suspicion de détournement.

Transparence et devoir démocratique

Le chef du gouvernement a réaffirmé son attachement à une gestion irréprochable des deniers publics. « Ce sont des questions de principe : aucun fond du contribuable ne doit échapper au contrôle », a-t-il martelé. Sonko a également pointé du doigt un risque d’échec législatif si le processus venait à être porté par le Parlement plutôt que par l’exécutif.

« Quand j’ai appris que Guy Marius Sagna allait déposer une proposition de loi, j’ai immédiatement alerté le président. Ce serait un échec si le législatif s’empare de ce dossier, alors que c’est une promesse de l’exécutif », a-t-il expliqué. Il a précisé qu’il comptait soumettre lui-même une proposition en Conseil des ministres si nécessaire, afin d’assurer une cohérence dans la réforme.

Cette crise interne met en lumière les tensions entre les impératifs de transparence et les réalités de la gestion politique. Une question qui dépasse le simple cadre des fonds politiques pour toucher aux fondements mêmes de la gouvernance.