Trois jours après avoir reçu Macky Sall au palais présidentiel, Bassirou Diomaye Faye a officiellement annoncé, ce lundi 20 juillet, le « plein soutien » du Sénégal à la candidature de son prédécesseur pour le poste de secrétaire général de l’Organisation des Nations unies. Une volte-face diplomatique qui s’accompagne d’une mobilisation totale de l’appareil d’État et d’une présentation unifiée de cette candidature comme celle du pays tout entier.

L'ancien président sénégalais Macky Sall s'exprime lors d'une audition en vue de sa candidature au poste de secrétaire général des Nations unies, au siège de l'ONU à New York, le 22 avril 2026.

Une décision qui renforce le dossier de Macky Sall

Ce revirement stratégique, intervenu après des réserves exprimées en mars et une opposition initiale du Sénégal au sein de l’Union africaine, confère une légitimité accrue à la candidature de Macky Sall. Le fait de pouvoir désormais s’appuyer sur l’aval officiel de l’État qu’il a dirigé pendant douze ans représente un atout majeur dans la course à la plus haute fonction onusienne.

Quels sont les facteurs derrière cette volte-face ?

Plusieurs éléments pourraient expliquer ce changement de position. D’abord, la rencontre entre les deux dirigeants au palais présidentiel a peut-être permis de lever les malentendus ou de clarifier les enjeux. Ensuite, la mobilisation de tout l’appareil diplomatique sénégalais suggère une volonté de donner une impulsion forte à cette candidature, en la présentant comme un projet national.

Cette décision pourrait également s’inscrire dans une logique de stabilité régionale, où le Sénégal cherche à affirmer son rôle sur la scène africaine et internationale. Enfin, elle pourrait être interprétée comme un geste envers l’ancien président, dont l’influence reste significative dans certains cercles politiques et économiques.

Un choix qui pourrait attiser les tensions internes

Cette annonce ne manquera pas de relancer les débats au sein de la classe politique sénégalaise. Ousmane Sonko, ancien Premier ministre et figure politique majeure, pourrait voir dans cette décision une source de division supplémentaire. Les relations entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko ont déjà été tendues, et cette volte-face risque d’accroître les dissensions, notamment sur la ligne diplomatique à adopter.

Les prochaines étapes

La candidature de Macky Sall devra désormais être examinée par les instances onusiennes, où son soutien officiel du Sénégal jouera en sa faveur. Cependant, les défis resteront nombreux : convaincre les autres États membres, naviguer dans un contexte géopolitique complexe et s’assurer que cette alliance ne se transforme pas en un nouveau clivage interne.

Une chose est sûre : cette décision marque un tournant dans la stratégie diplomatique du Sénégal et dans la course à la succession d’António Guterres à la tête de l’ONU.