Un projet d’aménagement urbain en Côte d’Ivoire crée une nouvelle polémique entre le district d’Abidjan et la mairie du Plateau. Les autorités locales dénoncent des démolitions massives et craignent pour la pérennité de leurs investissements.
Des destructions estimées à plusieurs centaines de millions
La mairie du Plateau qualifie l’action du district de « décision unilatérale » et déplore la destruction de près de 350 millions de francs CFA de travaux fraîchement réalisés. Elle met en garde contre le risque d’anéantissement des aménagements restants sur la berge est de la lagune, un patrimoine local essentiel.
Face à cette situation, les responsables municipaux envisagent de saisir la justice administrative pour faire cesser les démolitions et réclamer des réparations. Une démarche qui pourrait aggraver les tensions entre les deux institutions.
Le district justifie son intervention
De son côté, le district d’Abidjan défend son intervention en invoquant ses prérogatives légales. Il affirme avoir agi pour « récupérer un espace public occupé illégalement » et annonce un projet d’aménagement global pour cette zone stratégique.
Cette décision s’inscrit dans un contexte déjà tendu entre les deux entités. Les deux parties s’accusent régulièrement de chevaucher leurs domaines de compétence, créant des frictions récurrentes.
Un contexte politique sous-jacent ?
Les observateurs pointent du doigt les divergences politiques entre les deux camps. Le district est dirigé par Ibrahim Cissé Bacongo, secrétaire exécutif du RHDP, parti au pouvoir. La mairie du Plateau, quant à elle, est administrée par Jacques Gabriel Ehouo, député-maire du PDCI, principal parti d’opposition.
Ces rivalités politiques pourraient expliquer en partie l’escalade actuelle, les deux acteurs cherchant à affirmer leur autorité sur ce territoire stratégique.

