Les États-Unis ont une nouvelle fois tiré la sonnette d’alarme sur la situation des enfants en République démocratique du Congo, lors d’une session du Conseil de sécurité des Nations Unies consacrée aux enfants dans les conflits armés. Washington a appelé à une protection renforcée des plus vulnérables.

Lors de la 10 182e séance du Conseil de sécurité, l’ambassadrice américaine Jennifer Locetta, représentante suppléante pour les affaires politiques spéciales, a souligné que les enfants demeurent les premières victimes des guerres à travers le monde. Elle a martelé qu’aucun enfant ne devrait être privé de sécurité, reprenant un message déjà porté par la Première dame Melania Trump en mars dernier.

« Aucun enfant ne devrait être privé de sécurité », a déclaré la diplomate, en référence à l’intervention précédente de Melania Trump qui avait attiré l’attention sur les conséquences dévastatrices des conflits internationaux pour les enfants.

La RDC au cœur des préoccupations

Jennifer Locetta a cité la République démocratique du Congo parmi les pays où les violations des droits des enfants sont les plus graves. Elle a condamné fermement les exactions perpétrées contre les enfants congolais, victimes directes des affrontements entre groupes armés dans l’est du pays.

« Dans les zones de conflit à travers le monde, les enfants sont confrontés à de nombreuses menaces. Au Soudan, des cas d’enfants chassés de chez eux, séparés de leurs familles et victimes de violences sexuelles sont signalés. En République démocratique du Congo, des millions d’enfants subissent la menace de violences, de déplacements forcés et de violences sexuelles liées au conflit, perpétrées par divers groupes armés. Nous condamnons fermement ces violences et, sous la Présidence de Trump, les États-Unis continuent de faire de la paix une priorité », a-t-elle affirmé.

Les enfants, premières victimes des conflits

L’ambassadrice a insisté sur le fait que les enfants ne sont pas seulement des victimes collatérales mais qu’ils sont souvent directement ciblés. Les conflits compromettent également leur accès à une éducation de qualité, ce qui alimente un cycle de pauvreté et d’instabilité qui se perpétue de génération en génération.

« Trop souvent, les conflits privent les enfants d’une éducation fiable et sûre, leur coupant les portes de l’avenir et compromettant leurs perspectives. Il en résulte un cycle de pauvreté et d’instabilité qui se transmet de génération en génération, alimentant de nouveaux conflits et sapant la stabilité mondiale et la prospérité économique », a-t-elle déclaré.

Critiques du rapport de l’ONU

Jennifer Locetta a également critiqué le dernier rapport du Secrétaire général des Nations Unies sur les enfants et les conflits armés, estimant qu’il n’améliore pas la protection des enfants. Selon elle, le rapport présente une vision erronée des dommages causés aux civils et assimile à tort les actions des forces armées étatiques à celles de groupes terroristes.

« Le meurtre délibéré d’enfants par les Houthis ou d’autres groupes armés malveillants constitue une violation grave ; le meurtre accidentel de civils par les forces armées d’un État n’en est pas une », a-t-elle précisé, ajoutant que ce rapport conforte la décision américaine de se retirer du Bureau du Représentant spécial pour les enfants victimes de conflits armés.

Appel à une action internationale

Au-delà de la RDC, les États-Unis ont évoqué les situations au Soudan, en Ukraine et en Haïti, appelant toutes les parties à mieux protéger les enfants contre les violences, les déplacements forcés et les violations graves de leurs droits. Washington estime que la protection des enfants est essentielle pour favoriser la paix et la stabilité à long terme.

En RDC, les principales violations subies par les enfants incluent le recrutement forcé, les meurtres, les violences sexuelles, les attaques contre les écoles et hôpitaux, les enlèvements et le refus d’accès à l’aide humanitaire. La situation s’est aggravée avec la résurgence de la rébellion de l’AFC/M23, appuyée par le Rwanda, occupant de vastes zones du Nord-Kivu et du Sud-Kivu malgré les efforts diplomatiques américains, qataris et de l’Union africaine.