Un soldat tchadien en patrouille à Barka Tolorom, région du lac Tchad, au Tchad

Une attaque perpétrée par le groupe terroriste Boko Haram contre une base militaire tchadienne a causé la mort d’au moins 24 soldats et fait plusieurs blessés dans la soirée du lundi 4 mai. Cette offensive, ciblant la base de Barka Tolorom située sur les rives du lac Tchad, a été revendiquée par des sources militaires locales qui évoquent même 25 morts du côté des forces armées.

Un responsable administratif de la région a confirmé l’attaque terroriste tout en précisant que la situation était désormais maîtrisée. « Des mesures immédiates ont été prises pour sécuriser la zone », a-t-il déclaré. Le président tchadien, Mahamat Idriss Déby Itno, a réagi sur les réseaux sociaux en dénonçant une « attaque lâche » et en réaffirmant la détermination de son pays à éradiquer cette menace.

Une région sous haute tension

La province du lac Tchad, frontalière avec le Nigeria, le Cameroun et le Niger, est devenue depuis 2009 un bastion des groupes jihadistes. Les soldats tchadiens y subissent des attaques répétées de Boko Haram et de l’État islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap). Les zones insulaires et les postes avancés des forces de sécurité sont particulièrement vulnérables aux offensives des factions armées.

Les dernières semaines ont été marquées par une intensification des violences attribuées au Jama’atu Ahlis Sunna (JAS), une branche de Boko Haram. Cette recrudescence inclut des enlèvements et des assauts contre des positions militaires, notamment sur la rive nigérienne du lac Tchad.

Bilan et réactions

En octobre 2024, une précédente attaque contre une base militaire tchadienne dans la même région avait fait une quarantaine de morts. En réponse, le président Déby Itno avait lancé l’opération Haskanite avec pour objectif d’anéantir les capacités opérationnelles des jihadistes. En février 2025, l’armée tchadienne affirmait avoir éliminé tous les sanctuaires de Boko Haram sur son territoire.

Cette nouvelle attaque rappelle cependant que la menace persiste et que la vigilance reste de mise dans cette zone stratégique.