Expulsion d’une haute responsable onusienne au Burkina Faso : une réponse aux critiques internationales
La junte militaire au pouvoir au Burkina Faso a récemment pris une décision radicale en déclarant persona non grata Carol Flore-Smereczniak, la principale représentante de l’ONU dans le pays. Cette mesure intervient après la publication d’un rapport onusien dénonçant les graves violations des droits des enfants commises entre 2002 et 2024. Une décision qui s’ajoute à celle de 2022, lorsque Barbara Manzi avait subi le même sort, illustrant l’intolérance croissante de la junte envers toute forme de contrôle indépendant.
Un rapport accablant pointant les responsabilités multiples
Le rapport de l’ONU révèle des chiffres alarmants : 2 483 violations graves ont été recensées, touchant 2 255 enfants. Parmi ces actes, on dénombre des meurtres, des enlèvements et le recrutement forcé d’enfants par des groupes armés et des forces de sécurité. Les groupes islamistes sont responsables de 65 % des abus, tandis que les forces burkinabè et les Volontaires pour la Défense de la Patrie (VDP), des auxiliaires civils, sont également mis en cause.
Le document souligne également une hausse préoccupante des attaques contre les écoles, ainsi que la détention arbitraire d’enfants suspectés d’être liés à des groupes armés. Ces pratiques, déjà largement documentées par des organisations comme Human Rights Watch depuis 2016, montrent l’ampleur de la crise humanitaire qui frappe le pays.
Une junte en confrontation avec les Nations Unies
Les tensions entre la junte burkinabè et l’ONU ne sont pas nouvelles. En mars 2025, le ministre des Affaires étrangères avait critiqué l’utilisation par l’ONU de termes comme « groupes armés non étatiques » pour désigner les groupes terroristes, ou encore la qualification des VDP de « milices ». En juillet, Ouagadougou a exigé un recentrage des interventions onusiennes, afin qu’elles s’alignent sur la vision gouvernementale.
Depuis le coup d’État de 2022, les autorités militaires ont multiplié les mesures répressives contre les médias, l’opposition et les dissidents. Plutôt que de nier les abus, la junte devrait s’engager dans une coopération constructive avec l’ONU pour mettre fin à ces violations et protéger les populations vulnérables, notamment les enfants.
Vers une résolution de la crise ?
L’expulsion de Carol Flore-Smereczniak et les critiques répétées envers l’ONU reflètent une stratégie de fermeture aux critiques internationales. Pourtant, une collaboration entre les autorités burkinabè et les organisations internationales pourrait permettre d’élaborer des solutions durables pour mettre un terme aux exactions et restaurer la paix dans le pays.