Burkina Faso : une dizaine de hauts magistrats sous le coup de poursuites pour corruption
Le gouvernement du capitaine Ibrahim Traoré a dévoilé l’existence d’un « vaste réseau d’agents indélicats » au sein de la cour d’appel de Ouagadougou. Des magistrats ont été interpellés en octobre, soupçonnés d’avoir influencé des décisions de justice en échange de pots-de-vin.
Des allégations de « grave dysfonctionnement » au sein du système judiciaire burkinabè
Une dizaine de personnalités judiciaires de haut rang au Burkina Faso, incluant des présidents de chambre, un procureur général et un juge d’instruction, sont actuellement visées par des poursuites pour des faits de corruption. Cette information a été confirmée par un communiqué des autorités, consulté par l’AFP.
Ces arrestations, survenues au cours du mois d’octobre, font suite à une série d’auditions qui ont mis en lumière « un vaste réseau d’agents indélicats au sein de la cour d’appel de Ouagadougou », a précisé le capitaine Farouk Azaria Sorgho, porte-parole du Korag. Cet organisme est chargé de la mise en œuvre de la « révolution progressiste populaire », une doctrine prônée par le régime militaire en place.
Burkina : Le KORAG dénonce un vaste réseau de corruption impliquant des agents des douanes et des magistrats https://t.co/dsdQve4Dtq via @AIB – Agence d’Information du Burkina
— AIB Burkina (@AibBurkina) November 13, 2025
Des transactions financières importantes au cœur des accusations
Le porte-parole a souligné que « d’importantes sommes d’argent ont été échangées pour des actes de corruption et d’influence, menant à des instructions biaisées et des jugements partisans ». Une affaire spécifique impliquant une dizaine de douaniers, qui avaient bénéficié d’un non-lieu, est particulièrement examinée. Le Korag qualifie cette situation de « mascarade judiciaire », estimant qu’elle « fragilise la lutte contre la corruption » dans le pays.
Le régime militaire s’engage à renforcer la lutte anticorruption
Dans la lignée de l’héritage de Thomas Sankara, le régime du capitaine Traoré, qui a pris le pouvoir en 2022, a érigé la lutte contre la corruption en pilier central de sa politique. « Nous intensifierons la lutte contre la corruption et l’impunité des acteurs judiciaires », a affirmé le capitaine Sorgho, tout en déplorant un « grave dysfonctionnement dans la chaîne de justice ».
Face aux critiques fréquentes concernant la répression des voix dissidentes, le régime militaire cherche, par ces actions, à démontrer sa détermination à combattre les dérives internes qui pourraient nuire à son image et à sa légitimité.