Cameroun : la gendarmerie démantèle un vaste réseau de traite humaine avec plus de 600 victimes

Le 16 mai 2026, le Service Central des Recherches Judiciaires de la gendarmerie camerounaise a lancé une enquête après une série de signalements pour escroqueries en ligne et enlèvements de proches à l’étranger, dans le cadre de la lutte contre la traite d’êtres humains.

Les investigations ont conduit au démantèlement d’un vaste réseau criminel de trafic et de traite d’êtres humains, qui opérait sous couvert de marketing de réseau via les structures QNET, IGNITE et UNIMEC. Treize personnes ont été interpellées, dont six coordinateurs de premier plan et sept représentants ou intermédiaires actifs. Plus de 600 victimes ont été identifiées, et plusieurs maisons servant de bases logistiques et d’hébergement ont été découvertes à Douala, Bafoussam, Ebolowa, Kye-Ossi, Bertoua, Ngaoundéré, Maroua, Garoua et Yaoundé.

Selon le Colonel Atangana Fiacre Kisito, directeur central de la coordination adjoint et directeur de l’emploi et des structures, les commanditaires basés en Malaisie ont des ramifications en Afrique de l’Ouest et centrale. Leurs cibles principales sont les jeunes précaires, les demandeurs d’emploi, les étudiants et les candidats à l’émigration. Leur mode opératoire consiste à attirer les victimes avec des offres d’emploi ou de formation à l’étranger, des promesses de rendements élevés et des recrutements agressifs.

Après leur recrutement, les victimes devaient payer des frais élevés et étaient regroupées dans des concessions transformées en dortoirs collectifs, où elles subissaient un encadrement coercitif. Certaines victimes du sud du Cameroun étaient transférées via Garoua vers le Nigeria, tandis que des étrangers, notamment des Tchadiens, étaient intégrés dans les réseaux locaux à Yaoundé, dans les quartiers Awae, Tam-Tam, Mvan et Nkozoa.

Face à l’ampleur du phénomène, le Colonel Atangana a appelé la population à redoubler de vigilance et à ne pas se laisser séduire par des offres trop alléchantes en ligne ou des propositions de proches.

L’enquête se poursuit avec la recherche de deux suspects formellement identifiés et localisés en République Démocratique du Congo et en République Centrafricaine. Les personnes arrêtées seront présentées prochainement au Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance de Yaoundé.