Escroquerie immobilière présumée : Rita Djédjé incarcérée, Apoutchou National et Serey Dié sous contrôle judiciaire
Rita Bénédicte Djédjé Grahon, alias « Maman Caï-Caï », a été placée sous mandat de dépôt. Une soixantaine de personnes ont porté plainte pour des opérations immobilières présumées irrégulières. Le préjudice provisoire avoisine 320 701 500 FCFA. L’influenceur Apoutchou National et l’ancien international Serey Dié figurent parmi les personnes citées dans l’information judiciaire, selon le parquet financier.
Rita Djédjé : de la notoriété en ligne aux poursuites judiciaires
Connue sous le pseudonyme de « Maman Caï-Caï », Rita Djédjé a bâti sa visibilité sur les réseaux sociaux. Son nom circule dans les milieux du divertissement ivoirien. Mais l’enquête en cours pose des questions précises : quelle était la structure exacte des projets immobiliers proposés aux souscripteurs ? Quels engagements avaient été pris envers les acquéreurs ? Comment les fonds collectés ont-ils été utilisés ? L’instruction devra répondre à ces interrogations, sans préjuger de la culpabilité de la principale mise en cause.
Plus de 320 millions FCFA et une soixantaine de plaignants
D’après le communiqué du procureur national financier du Pôle pénal économique et financier (PPEF), publié le 7 octobre 2026, plusieurs plaintes ont été déposées auprès des services de police. Une soixantaine de personnes mettent en cause Rita Djédjé et la société Ivoire Challenge Corporation SARL. Les sommes perçues sont provisoirement évaluées à 320 701 500 FCFA. Selon le parquet, des parcelles auraient été proposées à des acquéreurs alors que les personnes à l’origine des opérations n’en seraient pas propriétaires. Les plaintes ont été centralisées par la Direction de la police économique et financière, après des dénonciations sur Facebook et TikTok.
Les questions soulevées par les plaignants
Les plaignants veulent comprendre les conditions de collecte de leur argent, savoir si les engagements ont été respectés et identifier d’éventuelles possibilités de réparation. L’instruction examinera les documents liés aux opérations, les droits de propriété sur les terrains, les flux financiers et les responsabilités de chacun.
Apoutchou National : l’influence numérique au cœur du dossier
Stéphane Agbré, plus connu sous le nom d’Apoutchou National, est un influenceur ivoirien très suivi. Son nom apparaît dans l’information judiciaire ouverte par le parquet financier. Selon le communiqué, certaines personnalités connues auraient mis leur notoriété au service de la promotion des projets immobiliers concernés. D’autres auraient présenté ces opérations dans des groupes WhatsApp et perçu des sommes pour le compte de la société mise en cause. La présence de son nom dans le dossier ne suffit pas à établir la nature exacte de son intervention ni à démontrer qu’il connaissait d’éventuelles irrégularités. La justice devra déterminer les actes imputables à chacun.
Serey Dié cité : le football rejoint l’affaire
L’ancien international ivoirien Geoffroy Serey Dié figure également parmi les personnes citées. Ancien joueur des Éléphants de Côte d’Ivoire, il jouit d’une notoriété acquise dans le football. Sa citation élargit le retentissement du dossier au-delà des influenceurs. Selon les informations publiées par la presse ivoirienne, Serey Dié s’est présenté au Pôle pénal économique et financier. Il a été placé sous contrôle judiciaire, contrairement à Rita Djédjé, incarcérée. Il reste essentiel de ne pas confondre notoriété, présence dans une campagne de communication et participation à des actes répréhensibles. L’enquête doit établir son rôle précis, les engagements pris et les éléments dont il avait connaissance.
Les qualifications pénales retenues contre Rita Djédjé
Le parquet mentionne plusieurs qualifications : association de malfaiteurs, escroquerie portant sur du numéraire par appel public à l’épargne, abus de confiance, faux et usage de faux dans des documents administratifs, complicité d’escroquerie et blanchiment de capitaux. Le cœur du dossier porte sur les conditions de collecte de fonds auprès de personnes à qui des parcelles auraient été proposées. Les magistrats devront vérifier si les opérations reposaient sur des droits fonciers valables, si les documents étaient réguliers et si les sommes ont été utilisées conformément aux engagements. Ces qualifications restent des accusations soumises à l’examen de la justice.
Mandat de dépôt et contrôle judiciaire : deux mesures distinctes
L’ouverture de l’information judiciaire constitue une étape importante. Selon les informations publiées les 7 et 8 octobre 2026, Rita Djédjé a été placée sous mandat de dépôt, tandis que les autres personnes mises en cause ont été placées sous contrôle judiciaire. Le mandat de dépôt entraîne l’incarcération. Le contrôle judiciaire soumet la personne à des obligations pendant l’instruction. La suite du dossier permettra de confronter les déclarations des plaignants à celles des mis en cause, d’examiner les pièces et de retracer les mouvements financiers.
Protéger les citoyens des investissements immobiliers promus sur les réseaux sociaux
Au-delà de l’affaire Rita Djédjé, le dossier pose une question majeure : comment protéger les citoyens contre les investissements immobiliers promus sur les réseaux sociaux sans vérification préalable ? La popularité d’un influenceur, d’un artiste ou d’un sportif ne remplace pas les contrôles juridiques indispensables à l’acquisition d’un terrain. Vérifier les titres de propriété, l’identité du vendeur et la régularité des documents reste essentiel avant tout versement. Pour les plaignants, l’espoir est de voir la lumière faite sur les opérations contestées. Pour Rita Djédjé, Apoutchou National, Serey Dié et les autres personnes citées, la procédure devra établir les responsabilités individuelles sur la base des preuves. La justice devra distinguer les responsabilités établies des simples soupçons, dans le respect de la présomption d’innocence.

