En l’espace d’une semaine, deux ministres mauritaniens ont foulé le sol de Yaoundé. Le 24 juin, le président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani a envoyé une seconde émissaire, Bessouda Mohamed Laghdaf, ministre de l’Environnement, au Palais de l’Unité. Sa mission : remettre un pli scellé à Paul Biya et solliciter l’appui du Cameroun pour la candidature de Coumba Bâ au poste de secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie.
C’est Ferdinand Ngoh Ngoh, ministre d’État et secrétaire général de la présidence, qui a accueilli l’envoyée mauritanienne en fin de journée, représentant Paul Biya alors absent de la capitale. L’entretien a duré une trentaine de minutes. La ministre Laghdaf n’a fait aucun mystère du but de sa venue.
« Nous portons un message du président mauritanien, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, pour son frère le président Paul Biya. Ce pli fermé a été remis au secrétaire général de la présidence », a-t-elle indiqué aux journalistes en quittant le Palais de l’Unité.
Deux ministres en une semaine, un pli scellé pour Biya : la campagne se déploie sans retenue. Le 18 juin, le ministre des Affaires étrangères mauritanien, Mohamed Salem Ould Merzoug, avait déjà ouvert le bal avec un premier message adressé au chef de l’État camerounais.
La candidate que Nouakchott soutient est Coumba Bâ, conseillère à la présidence mauritanienne. Bessouda a qualifié le Cameroun de partenaire clé pour « l’équilibre entre les régions » que la Mauritanie veut promouvoir avec cette candidature.
Le précédent de la BAD et une réciprocité revendiquée
L’initiative mauritanienne s’inscrit dans un contexte précis. En 2025, le Cameroun avait soutenu la candidature de Sidi Ould Tah à la tête de la Banque africaine de développement, candidature qui avait abouti. Nouakchott espère reproduire ce succès, cette fois pour l’OIF.
On distingue clairement une logique de réciprocité, presque revendiquée par Nouakchott. La ministre mauritanienne a d’ailleurs parlé de « partenariat gagnant-gagnant » face à la presse.
Nouakchott mène des consultations auprès de l’OIF, de l’Organisation de la Coopération islamique et de la Banque islamique de développement. Le Cameroun est approché sur plusieurs dossiers simultanément.
La réponse officielle de Yaoundé reste pour l’heure inconnue, tout comme le calendrier.