Crise constitutionnelle au Togo : la société civile exige des sanctions contre Lomé
Un collectif de 43 organisations de la société civile, dont des défenseurs des droits humains et des juristes, a lancé un appel urgent aux instances régionales pour sanctionner la révision constitutionnelle togolaise de 2024. Cette réforme, qualifiée de « changement inconstitutionnel de gouvernement » par la Cour de justice de la CEDEAO, a profondément ébranlé l’équilibre démocratique du pays.
Une décision juridique historique
En août 2026, la Cour de justice de la CEDEAO a rendu un arrêt sans précédent : la transformation du régime présidentiel en système parlementaire, adoptée par l’Assemblée nationale togolaise en mai 2024, constitue un coup d’État constitutionnel. Cette manœuvre visait à contourner la limitation des mandats présidentiels et à permettre au président Faure Gnassingbé de conserver le pouvoir sous une nouvelle fonction. « Cette décision n’est pas une simple recommandation, mais une obligation légale pour le Togo », rappellent les organisations signataires dans leur déclaration commune.
Les exigences des 43 organisations
Le collectif demande aux autorités régionales d’agir sans délai. Parmi leurs revendications :
- Application stricte du Protocole de la CEDEAO : activation des mécanismes de sanction pour violation du cadre démocratique.
- Suspension diplomatique : réexamen de la participation du Togo aux instances régionales.
- Intervention de l’ONU : désignation d’un Rapporteur spécial pour surveiller la situation des droits et libertés.
- Dialogue national inclusif : retour à une concertation politique sous médiation internationale.
Un tournant pour la démocratie régionale
Cette mobilisation met en lumière les tensions persistantes autour des réformes constitutionnelles au Togo, où les ajustements institutionnels se multiplient depuis plus de dix ans. La réponse de la CEDEAO dans les prochaines semaines sera déterminante : elle devra concilier stabilité diplomatique et respect des principes démocratiques. Le Togo, État fondateur de la CEDEAO, se retrouve ainsi au cœur d’un débat crucial sur l’intégrité de ses engagements régionaux.