Crise des droits humains à l’est de la RDC : la commission de l’ONU en difficulté financière

Genève, Suisse — Lors de la soixante-deuxième session du Conseil des droits de l’homme, la Commission d’enquête indépendante sur la situation des droits de l’homme au Nord-Kivu et au Sud-Kivu a fait part, pour la première fois, de ses premiers constats après une mission à Kinshasa. Créée en février 2025 par le Conseil des droits de l’homme, cette commission a pour mandat d’enquêter sur les violations présumées des droits humains et du droit international humanitaire dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC).

Une mission entravée par l’instabilité et les restrictions budgétaires

Lors de son intervention, Arnauld Akodjenou, président de la Commission, a révélé que les contraintes financières rencontrées par les Nations Unies ont directement impacté ses capacités opérationnelles. « Les difficultés budgétaires de l’ONU limitent notre capacité à déployer des équipes d’enquête, à assurer l’interprétation nécessaire ou encore à financer nos missions sur le terrain », a-t-il déclaré. Ces restrictions compromettent également la présence soutenue de la Commission dans les zones les plus touchées, où l’accès reste difficile en raison de l’instabilité sécuritaire et sanitaire.

Malgré ces obstacles, la Commission s’est dite « déterminée à remplir son mandat avec rigueur et impartialité ». Elle a rappelé l’importance de garantir un accès humanitaire sécurisé et sans entrave pour les populations vulnérables, notamment les femmes, les enfants et les personnes déplacées, dans un contexte marqué par des violences persistantes et des épidémies comme Ebola.

Un mandat ambitieux face à des défis majeurs

La Commission d’enquête a été chargée d’établir les faits, de préserver les preuves et d’identifier les responsables des violations des droits humains dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Parmi ses priorités : protéger les victimes et les témoins, tout en examinant les causes profondes des cycles de violence qui déchirent la région depuis plusieurs années.

Arnauld Akodjenou a insisté sur la nécessité de « protéger la sécurité, la dignité et la confiance des victimes et des témoins », soulignant que « aucun acteur, qu’il soit militaire, politique ou communautaire, ne doit entraver le travail des enquêteurs ou sanctionner ceux qui collaborent avec les Nations Unies ».

Les enjeux humanitaires et sécuritaires dans l’est de la RDC

L’est de la RDC reste plongé dans une crise humanitaire et sécuritaire persistante, avec des milliers de violations des droits humains documentées en six mois. La Commission a pointé du doigt l’AFC/M23 comme l’un des principaux auteurs de ces exactions, tout en appelant à une réponse internationale coordonnée pour mettre fin à ces violences.

Dans ce contexte, la Commission a réaffirmé son engagement à œuvrer pour la justice et la réconciliation, tout en demandant aux parties prenantes de faciliter son travail. Elle a également souligné l’urgence d’agir pour éviter une aggravation de la situation, notamment dans les zones où l’accès humanitaire reste bloqué.

Conseil des droits de l’homme à Genève

Alors que la Commission poursuit ses enquêtes, les défis restent immenses. Entre restrictions budgétaires, instabilité sécuritaire et impunité persistante, son travail s’annonce complexe mais indispensable pour briser le cycle de la violence dans l’est de la RDC.