crise politique au Bénin : l’armée déjoue une tentative de putsch

Le Bénin traverse une tension politique majeure ce dimanche matin. Un groupe de militaires auto-proclamé « Comité militaire pour la refondation » (CMR) a annoncé à la télévision publique avoir « démis de ses fonctions » le président Patrice Talon. Cependant, l’entourage de ce dernier assure que le chef de l’État est en sécurité et que l’armée régulière maintient fermement le contrôle sur la situation.

Selon une source proche de la présidence, relayée par l’AFP, la ville de Cotonou ainsi que l’ensemble du pays restent « totalement sécurisés ». Les putschistes n’ont, d’après les autorités, ni investi la résidence présidentielle ni les infrastructures stratégiques du pays. « C’est une question de temps pour que tout rentre dans l’ordre. Le nettoyage suit bien son cours », a affirmé une source militaire à l’AFP.

Le président béninois Patrice Talon lors d'un déplacement à Paris en 2021

une tentative de coup d’État rapidement maîtrisée

L’annonce de ce groupe de militaires a provoqué une vive réaction des autorités béninoises. Peu après leur déclaration télévisée, le signal de la télévision publique a été coupé. L’ambassade de France à Cotonou a immédiatement signalé des coups de feu à proximité de la résidence du président, invitant les ressortissants français à rester chez eux « par mesure de sécurité ».

Les forces armées béninoises ont confirmé que la situation était « sous contrôle » et que les instigateurs de cette tentative de putsch n’avaient pris aucun bâtiment stratégique. « Il s’agit d’un groupuscule qui ne dispose que de la télévision. L’armée régulière reprend le contrôle », a précisé une source proche du gouvernement.

contexte politique tendu en afrique de l’ouest

Cette tentative survient dans un contexte régional marqué par une série de coups d’État. Depuis le début des années 2020, plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest ont été touchés par des prises de pouvoir militaires, notamment le Mali, le Burkina Faso, le Niger, la Guinée et, plus récemment, la Guinée-Bissau fin novembre. Le Bénin, bien que stable économiquement, n’est pas épargné par les tensions dans la sous-région.

Patrice Talon, en poste depuis 2016, doit achever son second mandat en 2026, conformément à la Constitution qui limite à deux le nombre de mandats présidentiels. Son gouvernement est régulièrement critiqué pour son virage autoritaire, malgré des résultats économiques salués. L’opposition, quant à elle, dénonce une exclusion des processus électoraux, notamment pour le scrutin présidentiel d’avril prochain.

une crise qui rappelle l’histoire politique du Bénin

Le Bénin, autrefois considéré comme un modèle de démocratie en Afrique, a connu plusieurs coups d’État ou tentatives depuis son indépendance. Cette instabilité rappelle les défis auxquels le pays doit faire face pour préserver sa stabilité politique et sociale, dans un contexte régional particulièrement volatile.

Les autorités appellent désormais à la prudence et au retour au calme, tandis que les observateurs internationaux suivent de près l’évolution de la situation. La réactivité des forces armées et la fermeté des institutions semblent, pour l’instant, avoir permis d’éviter une crise majeure.