Des milliers de Maliens jetés sur les routes par l’avancée jihadiste
Depuis l’ultimatum imposé par les combattants du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) dans le centre du Mali, des milliers de personnes ont dû abandonner en urgence leur ville de Kouakourou. Sous la menace des jihadistes, environ 5 000 habitants ont quitté la localité, laissant derrière eux leurs habitations, leurs terres et leurs moyens de subsistance. Leur exode les a conduits vers des zones plus sûres comme Djenné, Bamako ou encore Mopti, où certains ont trouvé un refuge temporaire.
Des conditions d’accueil qui se dégradent jour après jour
À Mopti, plus de 400 déplacés ont été accueillis dans une école mise à disposition par les autorités locales. Pourtant, les infrastructures disponibles ne suffisent pas à répondre aux besoins. Les salles de classe, transformées en dortoirs, abritent des familles entières, tandis que d’autres, faute de place, doivent dormir à la belle étoile. Avec l’arrivée des pluies, la situation devient encore plus critique : tous les déplacés se retrouvent confinés à l’intérieur, entassés dans des espaces exigus. Malgré les distributions d’aide alimentaire organisées par les donateurs et la mairie, les besoins restent colossaux.
Un quotidien marqué par l’abandon et la perte
Ces familles racontent leur désarroi après avoir été contraintes de fuir avec seulement les vêtements qu’elles portaient. Beaucoup ont perdu leurs biens, et certains témoignages évoquent même la confiscation de téléphones portables par les jihadistes. Le traumatisme est d’autant plus fort que ce déplacement intervient en pleine période agricole, compromettant gravement les récoltes et les revenus de ces foyers. Pour eux, le retour à Kouakourou reste le seul espoir, mais les conditions sécuritaires actuelles rendent cette perspective encore lointaine.
Un défi humanitaire qui s’intensifie
Avec l’afflux massif de déplacés, les ressources locales s’épuisent rapidement. Les familles, privées de leurs moyens de subsistance, dépendent désormais entièrement de l’aide extérieure. Pourtant, les défis logistiques et financiers freinent l’extension des dispositifs d’accueil. La précarité s’installe, et sans une intervention urgente, des milliers de personnes pourraient sombrer dans une crise humanitaire encore plus profonde.