Lomé confrontée à une crise des paiements de l’État
Les responsables des grandes entreprises du Togo ne cachent plus leur inquiétude. Depuis plusieurs mois, l’accumulation des dettes intérieures de l’État asphyxie progressivement le secteur privé. Ces retards de paiement, qui concernent des factures impayées pour des chantiers ou des prestations déjà réalisées, paralysent une partie de l’économie togolaise. Selon les dirigeants de l’Association des Grandes Entreprises du Togo (AGET), le montant de cette dette intérieure dépasse les 1 700 milliards de FCFA, soit l’équivalent de plus de 60 % de la dette publique totale du pays.
Cette situation touche particulièrement les secteurs du BTP, les fournisseurs de services publics et les distributeurs d’énergie. Les entreprises peinent à honorer leurs propres engagements : salaires des employés, règlements des sous-traitants, investissements dans la modernisation. Certaines petites structures, déjà fragilisées, risquent même la faillite faute de liquidités.
Un cercle vicieux économique
Les entrepreneurs togolais se retrouvent pris au piège. « On nous encourage à recruter et à innover, mais comment avancer quand l’État ne paie pas ses dettes ? », s’interroge un chef d’entreprise de Lomé. L’effet domino est déjà visible : les retards de paiement se répercutent sur l’ensemble de la chaîne économique, menaçant la stabilité financière du pays.
Face à cette crise, les autorités promettent un plan d’apurement progressif de la dette intérieure. Pourtant, les professionnels du secteur restent sceptiques. Les caisses de l’État, en tension permanente, limitent fortement les marges de manœuvre pour des remboursements massifs. Les emprunts contractés sur le marché régional de l’UMOA ne suffisent pas à combler le déficit de trésorerie.
L’espoir viendra-t-il de la Banque mondiale ?
Les regards se tournent désormais vers Washington. Les entreprises togolaises placent leurs espoirs dans une enveloppe de 200 millions de dollars, récemment approuvée par la Banque mondiale. Ces fonds, destinés à soutenir la feuille de route économique du pays, pourraient enfin injecter des liquidités dans les caisses de l’État. Leur utilisation optimale pourrait permettre de moderniser les infrastructures de transport et de logistique, des secteurs clés pour relancer l’activité économique.
Pour les patrons togolais, une chose est sûre : sans ces fonds et une gestion rigoureuse des finances publiques, les promesses gouvernementales resteront lettre morte. Ils attendent des actes concrets, des virements immédiats sur leurs comptes, pour éviter l’effondrement de leur activité. Le temps presse, et chaque jour de retard aggrave la situation.