Lomé rassemble les acteurs clés pour bâtir une sécurité durable en Afrique de l’Ouest

Depuis ce mardi, la capitale togolaise, Lomé, accueille un Dialogue régional majeur dédié à l’approfondissement de l’agenda de prévention dans le golfe de Guinée. Cette rencontre d’envergure rassemble des décideurs gouvernementaux, des institutions panafricaines, des agences onusiennes, des bailleurs de fonds et des acteurs locaux engagés dans la consolidation de la paix et la prévention des conflits.

À l’ouverture des travaux, le ministre togolais de la Sécurité, Calixte Madjoulba, a livré un message sans ambiguïté : face à la multiplication des menaces qui pèsent sur l’Afrique de l’Ouest, seule une approche coordonnée, pérenne et préventive permettra d’assurer la stabilité de la sous-région.

Un golfe de Guinée sous pression : un cocktail explosif de défis

Le ministre a dressé un tableau sans fard des défis sécuritaires et socio-économiques qui fragilisent le golfe de Guinée. « L’extrémisme violent, le terrorisme, la criminalité transfrontalière, les trafics illicites, la prolifération des armes légères et les tensions communautaires minent progressivement les fondements sociaux et économiques de la région », a-t-il déclaré.

Les répercussions de la crise sahélienne aggravent cette situation déjà complexe : déplacements massifs de populations, pression accrue sur les ressources naturelles et tensions accrues au sein des communautés d’accueil. « Aucun pays ne peut, à lui seul, apporter une réponse efficace à ces défis qui dépassent largement les frontières nationales », a souligné Calixte Madjoulba.

Le Togo mise sur une vision holistique de la sécurité

Pour le ministre, la lutte contre l’insécurité ne saurait se réduire à des solutions purement militaires ou policières. « Une sécurité durable ne peut reposer uniquement sur la réponse sécuritaire », a-t-il martelé devant les participants. Cette conviction s’inscrit dans la droite ligne de la politique nationale portée par le Président Faure Essozimna Gnassingbé.

L’approche togolaise repose sur une stratégie intégrée visant à concilier sécurité, développement et cohésion sociale afin d’agir en profondeur sur les racines des crises. Réduction des inégalités, amélioration de la gouvernance, inclusion des populations marginalisées, création d’emplois pour les jeunes et renforcement de la résilience des communautés locales figurent parmi les piliers de cette vision.

Le triptyque « protéger, rassembler, transformer » au cœur de l’action publique

Le ministre a présenté ce triptyque comme la boussole de l’action gouvernementale. Protéger signifie garantir la sécurité des populations et préserver la paix. Rassembler implique de promouvoir le dialogue, de restaurer la confiance entre citoyens et institutions et de renforcer la cohésion sociale. Enfin, transformer vise à agir durablement sur les facteurs de vulnérabilité en développant des opportunités économiques, en réduisant les disparités et en consolidant des communautés plus résilientes.

Pour Calixte Madjoulba, ce modèle s’aligne parfaitement avec les objectifs du Dialogue régional organisé à Lomé.

De l’engagement à l’impact : passer aux actes

Le thème retenu pour cette rencontre, « de l’engagement à l’impact », reflète la détermination des participants à concrétiser les ambitions politiques en actions tangibles. Le ministre a appelé les États et leurs partenaires à traduire les discours en résultats concrets au service des populations. « Les citoyens attendent des solutions adaptées à leurs réalités quotidiennes », a-t-il insisté.

Selon lui, les populations réclament des mécanismes capables d’anticiper les crises avant qu’elles ne surviennent, de prévenir les conflits avant leur enracinement et de renforcer durablement la résilience des territoires.

Le soutien des agences onusiennes à la prévention régionale

Le responsable togolais a salué le rôle clé joué par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) et le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR). Grâce à la Facilité conjointe de prévention 2026-2029 pour le golfe de Guinée, ces partenaires appuient une vision axée sur la prévention, la résilience communautaire et le développement économique inclusif.

Pour les participants, cette initiative représente une opportunité majeure de renforcer la coopération régionale, de partager les bonnes pratiques et de mobiliser les ressources nécessaires face aux défis émergents.

Vers une feuille de route régionale ambitieuse

À l’issue des deux jours de débats, les acteurs réunis à Lomé devraient adopter une feuille de route régionale ambitieuse. Celle-ci vise à renforcer les mécanismes de prévention, à consolider la coopération transfrontalière, à mobiliser des financements durables et à améliorer le suivi des actions engagées.

À travers ce dialogue, le Togo réaffirme sa conviction que la prévention constitue aujourd’hui l’un des investissements les plus stratégiques pour garantir la paix, la sécurité et le développement durable dans le golfe de Guinée.

Dans une région confrontée à des défis multidimensionnels, le message de Lomé est sans équivoque : prévenir les crises coûte moins cher que les gérer, et la prévention reste la meilleure assurance d’un avenir stable et prospère pour les populations.