République démocratique du Congo. Ebola gagne une nouvelle province, le nord-est du pays touché

L’épidémie d’Ebola s’étend en République démocratique du Congo. Le Haut-Uélé devient la quatrième province touchée, après l’Ituri, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu. Selon les autorités, le virus a déjà contaminé 1 274 personnes et causé 360 décès depuis le début de l’épidémie en mai. L’Ituri reste l’épicentre de la crise, où les équipes sanitaires luttent dans un contexte d’accès difficile, de violences armées et de défiance de la population.

Un cas importé depuis l’Ituri a été détecté dans le Haut-Uélé, une région frontalière du Soudan du Sud et de la République centrafricaine. La personne infectée est décédée, selon les informations recueillies. Les autorités sanitaires traquent désormais la chaîne de transmission et recherchent les contacts. Dans de nombreux cas, la maladie s’est propagée lors de rites funéraires, la dépouille d’une personne décédée d’Ebola étant très contagieuse.

Les travailleurs humanitaires, malgré la méfiance, tentent d’organiser des enterrements sécurisés dans les zones infectées pour éviter tout contact avec les corps. En RDC, les rites funéraires durent souvent plusieurs jours, avec des contacts directs avec le défunt.

Violences et insécurité compliquent la riposte

Le Haut-Uélé, comme l’Ituri, est une zone riche en or, aux confins de plusieurs pays, ce qui favorise les échanges et la propagation du virus. La région est également en proie à des violences de groupes armés. En Ituri, des massacres ont lieu depuis des années, menés par des milices ou le groupe ADF, affilié à l’État islamique. Les ADF ont récemment fait des incursions dans le Haut-Uélé, où d’autres groupes armés venus de pays voisins sèment le trouble.

Ce climat d’insécurité entrave le déploiement de la riposte sanitaire, lancée avec retard. Les humanitaires et scientifiques jugent que les autorités ont tardé à détecter le virus. Les premières morts suspectes remonteraient à janvier, selon des enquêtes encore à confirmer. Les structures de santé, déjà sous-équipées, manquent de kits de protection et de chlore. Les centres de traitement Ebola, soutenus par l’OMS et des ONG, sont saturés, avec un taux d’occupation de plus de 138 %. Soixante-dix-huit soignants ont été contaminés, dont 18 sont décédés.

Les experts estiment que le pic n’est pas encore atteint et que la crise pourrait durer entre six mois et un an. Ebola, transmis par les fluides corporels, a tué plus de 15 000 personnes en Afrique en 50 ans. La précédente épidémie la plus meurtrière en RDC, entre 2018 et 2020, avait fait près de 2 300 morts pour 3 500 cas.