En mission à Bunia, capitale de la province de l’Ituri, les ministres Patrick Muyaya, en charge de la Communication et Médias, et Roger Samuel Kamba, de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, ont récemment pris la parole pour éclairer l’opinion sur la gestion de l’épidémie de la maladie à virus Ebola. Ils ont vivement encouragé une évaluation « objective » des efforts déployés par les autorités congolaises face à cette crise sanitaire qui affecte l’Ituri, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Lors d’un point de presse conjoint, tenu le jeudi 18 juin 2026, Patrick Muyaya a répondu aux critiques émanant de certaines organisations non gouvernementales engagées dans la réponse. Tout en affirmant la transparence du gouvernement et son ouverture aux retours constructifs, il a insisté sur la nécessité de reconnaître les avancées réalisées sur le terrain. Le porte-parole du gouvernement a reconnu l’existence de défis persistants, mais a refusé d’adopter un ton alarmiste, soulignant l’importance de ne pas minimiser les actions entreprises.
« Nous ne prétendons pas que tout est parfait, loin de là. Notre engagement est de faire ce qui est nécessaire », a-t-il affirmé, en insistant sur la liberté d’expression des acteurs présents. Il a également rappelé que l’État congolais a initié la riposte avec ses propres fonds avant de recevoir le soutien des partenaires internationaux. Patrick Muyaya a précisé que les financements extérieurs, notamment ceux des États-Unis et d’autres nations, sont directement alloués aux ONG et non au gouvernement congolais.
Le ministre a plaidé pour une approche de responsabilité partagée, suggérant que certaines critiques ne reflètent pas fidèlement la réalité du terrain. « Nous sommes tous unis par l’objectif commun d’éradiquer cette épidémie. Cependant, il est inapproprié d’utiliser cette situation pour solliciter davantage de ressources par le biais de critiques infondées », a-t-il averti, appelant les organisations concernées à plus de mesure dans leurs déclarations. Il a également suggéré que l’examen des actions des ONG sur le terrain pourrait révéler des insuffisances.
De son côté, Roger Samuel Kamba, ministre de la Santé publique, a déclaré privilégier une approche axée sur les résultats concrets plutôt que sur les controverses. « Mon focus reste sur les faits tangibles », a-t-il déclaré, citant des indicateurs clés pour évaluer l’efficacité de la riposte : le nombre de tests effectués, de centres de traitement établis, de relais communautaires déployés, d’échantillons analysés quotidiennement et de personnes guéries. Selon lui, c’est sur ces bases que l’efficacité de l’intervention doit être jugée, écartant les « rumeurs et les tentatives de récupération ». Le ministre Kamba a conclu que le bilan définitif sera établi une fois la crise sanitaire maîtrisée, permettant à chacun de mesurer son apport.
- Santé
Il est important de rappeler que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a classé l’épidémie d’Ebola, causée par le virus Bundibugyo et s’étendant jusqu’en Ouganda, comme une urgence de santé publique de portée internationale (PHEIC) le 17 mai 2026, seulement deux jours après sa déclaration officielle en République démocratique du Congo. L’OMS a souligné l’ampleur géographique significative de l’épidémie et une possible sous-estimation de sa portée réelle. Cette situation est exacerbée par la forte mobilité des populations, la fragilité des systèmes de santé, l’insuffisance des infrastructures sanitaires et l’accès difficile à certaines zones en conflit. Malgré l’absence actuelle de vaccin homologué et de traitement spécifique contre le virus Bundibugyo, les autorités congolaises maintiennent un optimisme mesuré, s’appuyant sur leur vaste expérience, ayant déjà maîtrisé seize épidémies d’Ebola par le passé.