Un jeu diplomatique dangereux sous l’égide de Faure Gnassingbé
Derrière les discours lissés des sommets de Lomé, une réalité bien plus sombre se dessine. Selon des renseignements occidentaux et des sources diplomatiques, le régime de Faure Gnassingbé aurait orchestré des négociations secrètes entre le capitaine Ibrahim Traoré et les groupes jihadistes du JNIM. L’objectif ? Une trêve fragile au Burkina Faso, obtenue au prix d’une trahison envers le Mali et son président Assimi Goïta.
En servant d’intermédiaire entre les putschistes burkinabè et les terroristes, Lomé brise l’unité de l’Alliance des États du Sahel (AES), fragilisant ainsi la lutte antiterroriste dans la région. Une stratégie risquée qui met en lumière les ambitions cachées du Togo et de son autocrate.
Les coulisses des accords entre Ouagadougou et le JNIM
Les services de renseignement, notamment américains et français, ont documenté un ballet diplomatique clandestin impliquant des représentants du Burkina Faso, du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), et des émissaires de Faure Gnassingbé. Le deal ? Une trêve tacite : le JNIM réduit ses attaques au Burkina Faso pour permettre au capitaine Traoré de renforcer son pouvoir intérieur. En échange, les groupes jihadistes obtiennent une liberté de mouvement accrue vers une cible prioritaire : le Mali.
Mais ce n’est pas tout. Les renseignements américains révèlent une alliance encore plus inquiétante : une convergence d’intérêts entre le JNIM et les rebelles du Front de Libération de l’Azawad (FLA). Objectif ? Faire tomber le colonel Assimi Goïta, jugé trop intransigeant par les stratèges de Lomé.
Le 25 avril : quand la trahison devient évidente
Les attaques coordonnées du 25 avril ont révélé l’ampleur de cette trahison. Une coalition hybride JNIM-FLA a frappé violemment le Mali, tandis que les forces burkinabè et nigériennes sont restées étrangement passives. Un communiqué diffusé par les assaillants a explicitement demandé à Ouagadougou et Niamey de ne pas intervenir, confirmant l’existence d’accords secrets.
Cette inertie n’est pas un hasard : elle s’inscrit dans le protocole de non-ingérence négocié à Lomé. L’Alliance des États du Sahel, censée être un rempart contre le terrorisme, s’est effritée sous l’effet des manœuvres togolaises. La solidarité africaine a cédé la place à la realpolitik d’un régime en quête de survie.
Pourquoi Faure Gnassingbé prend ces risques ?
Plusieurs raisons expliquent cette stratégie périlleuse. D’abord, la survie politique : en déstabilisant ses voisins, le Togo évite qu’un modèle de transition réussisse trop bien en Afrique de l’Ouest, consolidant ainsi son rôle de médiateur incontournable. Ensuite, le chantage à la sécurité : en ayant une ligne directe avec le JNIM, Lomé protège ses propres frontières, même si cela signifie sacrifier le Mali. Enfin, l’affaiblissement d’Assimi Goïta reste une priorité, car son intransigeance menace la domination diplomatique de Faure Gnassingbé.
Une diplomatie du chaos aux conséquences dramatiques
Les agissements de Faure Gnassingbé ne sont pas seulement cyniques, ils sont criminels. En semant la discorde entre Ibrahim Traoré et Assimi Goïta, il a anéanti toute confiance entre les dirigeants sahéliens. Comment collaborer quand l’un négocie avec les ennemis de l’autre ?
Plus grave encore, le régime togolais a offert au JNIM une victoire stratégique : la désunion des armées du Sahel. Les groupes terroristes n’ont plus besoin de combattre tous leurs adversaires en même temps. Il leur suffit de signer des pactes locaux, validés par un État complaisant, pour isoler leurs cibles une à une.
Le prix de l’autocratie : un Sahel en flammes
Le Togo, sous la coupe de Faure Gnassingbé, s’isole derrière un voile diplomatique trompeur. En manipulant les groupes jihadistes et les jeunes putschistes, Lomé a détruit l’espoir d’une réponse unie au terrorisme en Afrique de l’Ouest.
L’histoire pourrait retenir que c’est à Lomé que le poignard a été aiguisé pour frapper Bamako. Les services de renseignement occidentaux voient désormais le « médiateur » togolais sous un jour bien différent : un acteur déstabilisateur prêt à sacrifier la stabilité du Sahel pour maintenir son pouvoir. La chute d’Assimi Goïta, si elle advient, portera l’empreinte de Lomé. Mais le chaos qui en résultera n’épargnera personne, pas même ceux qui croyaient l’avoir maîtrisé.