La capitale togolaise, Lomé, a abrité hier un sommet exceptionnel dédié à la recherche de solutions africaines pour apaiser les tensions qui déchirent l’Est de la République démocratique du Congo et l’ensemble de la région des Grands Lacs. Sous l’égide de Faure Essozimna Gnassingbé, médiateur désigné par l’Union africaine, cette rencontre a rassemblé les principaux acteurs engagés dans le processus de paix.
Autour de la table figuraient les facilitateurs mandatés par l’Union africaine, ainsi que des représentants de l’Organisation des Nations Unies, de la Communauté d’Afrique de l’Est, de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale, de la Communauté de développement d’Afrique australe, de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs et du Comité international de la Croix-Rouge. Cette diversité d’acteurs illustre l’ampleur des enjeux : coordonner des initiatives de paix souvent dispersées et redonner une cohérence aux efforts diplomatiques.
Une architecture de médiation en pleine mutation
Cette assemblée, tenue à Lomé six mois après la précédente, s’inscrit dans une dynamique de structuration progressive du dispositif de médiation. Lors des discussions de janvier, les participants avaient déjà souligné l’urgence de clarifier les rôles et de renforcer la synergie entre les différentes initiatives en cours.
Faure Gnassingbé a mis en avant les avancées réalisées depuis, notamment dans l’organisation interne de la médiation. Pour lui, l’enjeu n’est plus d’accumuler les initiatives, mais de les rendre plus efficaces et mieux articulées. L’objectif est clair : éviter la fragmentation des efforts et maximiser l’impact des actions sur le terrain, où les populations civiles paient le prix fort des violences persistantes.
Priorité au dialogue et à la coordination
Le médiateur de l’Union africaine a réaffirmé sa détermination à porter une médiation africaine, ancrée dans les réalités locales. Il a insisté sur l’importance de maintenir un dialogue inclusif, seul capable de restaurer la confiance entre les parties prenantes. Cette approche vise à éviter les chevauchements entre les différentes initiatives et à renforcer la légitimité du processus.
Les participants ont salué ce leadership, reconnaissant qu’il contribue à harmoniser les démarches et à clarifier les responsabilités. Pour eux, la clé du succès réside dans une architecture bien définie, un suivi rigoureux des engagements et une répartition équitable des tâches entre les acteurs.
Feuille de route pour le second semestre
Les échanges de Lomé ont abouti à plusieurs décisions concrètes. Les participants ont convenu de renforcer la coordination entre le Bureau du Médiateur, le panel des facilitateurs, la Commission de l’Union africaine et le Secrétariat conjoint indépendant. Un accent particulier a été mis sur la nécessité de construire une contribution africaine plus structurée aux processus internationaux, afin d’en faciliter l’appropriation par les acteurs régionaux.
Les États et organisations présents ont été appelés à intensifier leur coopération, en s’appuyant sur le cadre défini lors de la réunion du 17 janvier 2026. Un plan d’action opérationnel devrait être finalisé sous quinze jours pour traduire ces orientations en mesures concrètes et tangibles.
Lomé, nouvelle plaque tournante de la diplomatie africaine
Cette réunion confirme le rôle central que joue désormais Lomé dans les efforts de médiation pour la paix en Afrique centrale. La capitale togolaise s’impose comme un lieu de convergence privilégié pour les discussions liées à la stabilité des Grands Lacs.
Reste à mesurer l’impact réel de ces avancées. Dans une région marquée par des crises récurrentes, la valeur d’une médiation se juge moins à ses déclarations qu’à sa capacité à maintenir les acteurs engagés et à faire progresser, étape par étape, une feuille de route commune.