Chaque année, des millions de fidèles se rendent à Touba pour le Grand Magal. Pourtant, cette année encore, les pèlerins doivent faire face à une hausse significative des tarifs des transports en commun et privés.
À la gare Baux Maraîchers de Pikine, l’atmosphère est chargée d’une tension inhabituelle. Les prix des billets, normalement compris entre 3 000 et 5 000 francs CFA, ont explosé. Ce vendredi matin, il faut désormais compter entre 8 000 et 10 000 francs CFA pour rejoindre la ville sainte, selon le type de véhicule choisi.
Des prix qui flambent sans alternative
Fallou, démarcheur à la gare, justifie cette envolée des tarifs par les embouteillages persistants sur la route de Touba. « Tous ces véhicules se dirigent vers Touba, explique-t-il. Vous avez le choix entre un petit véhicule non climatisé à 10 000 francs CFA ou un bus climatisé moins confortable à 8 000 francs CFA. Les prix sont fixés en fonction de l’affluence. »
Mamadou, fidèle habitué du Grand Magal, ne cache pas son mécontentement. « Ils profitent de chaque rassemblement pour gonfler les tarifs, alors que Touba n’est qu’à quelques heures de route », s’indigne-t-il. Malgré la hausse, il n’a d’autre choix que de payer le prix fort pour rejoindre sa famille et accueillir ses invités à Touba.
Un manque à gagner compensé par les voyageurs
Bour Guewel, doyen de la gare avec près de 30 ans d’expérience, apporte un éclairage complémentaire. « En partant, les bus sont pleins, mais au retour, il est difficile de trouver des passagers. Pourtant, le plein de carburant doit être fait deux fois », confie-t-il. « Les bouchons à l’entrée de Touba obligent les chauffeurs à augmenter les prix pour compenser le manque à gagner. »
Du côté des transporteurs publics, Dakar Dem Dikk propose des billets à 4 000 francs CFA, mais l’offre reste insuffisante face à la demande. De plus, ces bus n’acceptent pas de nombreux bagages, ce qui complique davantage le voyage des pèlerins.
Pour les fidèles du Mouridisme, cette situation devient récurrente. Chaque grand événement à Touba s’accompagne d’une flambée des prix des transports, acceptée faute d’alternative.