Trois ans après le meurtre d’Armale Aïvohozin, surnommée « Deo », et la découverte macabre de son corps dissimulé dans un congélateur à Grigny, le procès de son compagnon présumé a révélé des détails troublants sur les circonstances de sa mort. À l’ouverture des débats devant la cour d’assises de l’Essonne, les témoignages ont exposé les mécanismes d’un drame qui secoue encore la Grande Borne, ainsi que les zones d’ombre persistantes de cette affaire.
Le procès qui lève le voile sur une disparition aux allures de mystère
En juillet 2023, Armale Aïvohozin, une mère béninoise de 44 ans, mère de trois enfants, disparaît sans laisser de trace. Les dernières personnes à l’avoir vue en vie sont son compagnon et son fils aîné. Pourtant, ce que le procès a dévoilé dépasse l’énigme initiale : son corps a été retrouvé caché dans un congélateur, situé dans l’appartement du suspect, au-dessus d’une boucherie. Une découverte qui a révélé l’intensité des violences conjugales et les tentatives désespérées de dissimulation qui ont suivi.
Les investigations menées par les autorités ont rapidement ciblé le compagnon de la victime, devenu le principal accusé. Selon les premiers éléments, il aurait reconnu avoir tiré sur Armale Aïvohozin, mais attribue les faits à un accident.
Une enquête qui expose les rouages des violences conjugales
L’autopsie a confirmé la présence de deux blessures par balle : une à la tête et une autre au thorax. Ces éléments, combinés aux déclarations du fils de la victime, ont permis aux enquêteurs de reconstituer partiellement les événements. Le jeune homme, âgé de 27 ans, a témoigné de l’inquiétude grandissante de la famille face à la disparition soudaine de sa mère. Il avait tenté de la joindre en vain et s’était rendu chez elle, où il avait été accueilli par le compagnon de sa mère, qui lui avait fourni une explication invraisemblable : Armale serait repartie en véhicule avec chauffeur.
Les détails rapportés par le fils de la victime ont mis en lumière les comportements manipulateurs du suspect, décrit comme particulièrement jaloux et capable de menaces autodestructrices pour empêcher sa compagne de le quitter. Ces éléments, examinés par la justice, soulèvent une question cruciale : comment un drame de cette ampleur a-t-il pu être préparé et dissimulé avec une telle cruauté ?
Un second accusé pour complicité et dissimulation
L’affaire ne se limite pas au principal suspect. Un deuxième homme, jugé pour recel de cadavre et modification de la scène de crime, a également comparu devant la cour. Son rôle présumé dans l’occultation du corps met en évidence une seconde couche de responsabilité, celle de l’entrave à la justice.
Les débats ont permis d’explorer les stratégies de dissimulation mises en place pour brouiller les pistes. Le corps d’Armale Aïvohozin a été retrouvé dans un congélateur, un choix de stockage macabre qui suggère une volonté de prolonger l’impunité en retardant l’identification de la victime. Les discussions judiciaires ont également porté sur les motivations derrière ce geste, révélant une organisation méthodique pour effacer les preuves et retarder les investigations.
Le témoignage poignant du fils d’Armale Aïvohozin
Le procès a été marqué par le récit du fils aîné de la victime, qui a partagé avec la cour les derniers instants partagés avec sa mère. Son témoignage a offert un éclairage précieux sur la relation toxique entre Armale et le suspect, ainsi que sur les tensions familiales qui en ont découlé. Pour la famille, ce procès représente une étape essentielle pour obtenir des réponses et comprendre enfin la vérité sur les dernières heures de la victime.
Les proches d’Armale Aïvohozin espèrent que les débats permettront d’élucider les zones d’ombre restantes et d’établir les responsabilités de chacun. Trois ans après les faits, la quête de justice reste au cœur des préoccupations familiales, dans un contexte où les violences conjugales continuent de hanter les quartiers populaires.
Le procès sous le prisme des violences conjugales : un rappel glaçant
Cette affaire, par son caractère particulièrement sordide, rappelle à quel point les violences conjugales peuvent s’enraciner dans des dynamiques de pouvoir et de contrôle. Le procès d’Armale Aïvohozin met en lumière les défis systémiques auxquels sont confrontées les victimes, ainsi que l’importance d’une réponse judiciaire adaptée pour prévenir de tels drames. La cour d’assises de l’Essonne est désormais appelée à examiner en profondeur les éléments recueillis pour dire la vérité et rendre une décision conforme à la gravité des faits reprochés.
Les débats, encore en cours, devraient aboutir à un verdict le 4 novembre 2026. En attendant, cette affaire reste un symbole des combats à mener pour éradiquer ces violences et protéger les victimes, quelles que soient leurs origines.

