La Banque mondiale injecte 160 millions de dollars pour sécuriser l’accès à l’eau et renforcer la résilience climatique au Tchad
Le Tchad bénéficie d’un soutien majeur de la part du Groupe de la Banque mondiale pour faire face aux défis liés à l’eau et au changement climatique. Un don de 160 millions de dollars, octroyé par l’Association Internationale de Développement (IDA), a été officiellement approuvé. Cet investissement vise à améliorer la sécurité hydrique et à renforcer l’adaptation des populations dans les régions les plus exposées du pays.
Un projet d’envergure pour des communautés en première ligne face aux défis climatiques
Le Projet d’appui à la sécurité de l’eau et à la résilience au Tchad (PASER) se positionne comme une initiative clé pour les populations vulnérables. Ce projet s’attaque aux conséquences du changement climatique, telles que les sécheresses, les inondations et la dégradation des sols, qui menacent la stabilité des communautés. Son objectif principal est d’améliorer l’accès à des infrastructures et services adaptés, tout en renforçant les capacités locales.
Parmi les axes prioritaires du PASER, on retrouve :
- La gestion durable des ressources hydriques pour une utilisation optimale et équitable
- Le renforcement des capacités institutionnelles et communautaires pour une meilleure préparation aux chocs climatiques
- L’amélioration des conditions de vie des populations, avec une attention particulière portée aux femmes et aux groupes défavorisés
- La coordination avec les acteurs locaux pour une approche intégrée et inclusive
Un financement stratégique pour apaiser les tensions et construire la paix
Avec 80 millions de dollars issus de la Fenêtre pour les communautés hôtes et les réfugiés (WHR), le PASER cible directement les provinces accueillant des déplacés et des réfugiés, notamment dans l’est du Tchad. Plus de 1,3 million de Soudanais ont trouvé refuge dans cette région, exacerbant les pressions sur les ressources naturelles et alimentant les risques de conflits.
Farouk Mollah Banna, représentant résident de la Banque mondiale au Tchad, souligne : « Dans un contexte où la rareté de l’eau et des ressources naturelles aggrave les tensions entre communautés, cette opération vise à rétablir l’accès à l’eau et à restaurer l’espoir pour des centaines de milliers de personnes. »
Le projet s’inscrit dans le cadre du Plan national de développement (Chad Connexion 2030 – Programme 15), marquant une transition vers une approche axée sur le développement durable plutôt que sur l’aide humanitaire. Son ambition est claire : transformer les défis climatiques en opportunités pour bâtir une société plus résiliente et inclusive.
Des résultats concrets pour un million de Tchadiens
D’ici la fin du projet, près d’un million de personnes bénéficieront d’infrastructures résilientes. Plus de la moitié de ces bénéficiaires proviennent des communautés hôtes et réfugiées, avec une parité de genre marquée (50,6 % de femmes). Les provinces concernées incluent celles accueillant des réfugiés, ainsi que la capitale, N’Djamena, et d’autres zones vulnérables.
Hawa Cissé Wagué, directrice de division par intérim pour le Tchad à la Banque mondiale, explique : « Ce projet démontre comment les investissements de développement peuvent servir de leviers pour la paix et la prévention dans des environnements parmi les plus fragiles. Il accompagne le Tchad vers une stabilité accrue et une meilleure inclusion sociale. »