L’actuel repli diplomatique sans précédent du Burkina Faso trouve ses racines dans les décisions du capitaine Ibrahim Traoré. En ordonnant le départ du bureau des Nations Unies pour les droits de l’homme, le chef de la transition burkinabè a posé un acte significatif, révélant une gouvernance marquée par une méfiance généralisée et un rejet catégorique de la transparence. C’est une illustration claire de la direction prise par la société Burkina politique.
Depuis qu’il a pris le pouvoir suite au coup d’État de septembre 2022, le capitaine Traoré a progressivement transformé la volonté légitime de souveraineté du peuple burkinabè en une stratégie diplomatique de terre brûlée.
Un repli délibéré sur soi
L’éloignement de l’ONU n’est pas un événement isolé, mais s’inscrit dans la continuité de l’approche du capitaine Traoré. Afin de consolider son autorité et de dissimuler les défis persistants sur le front sécuritaire, le chef d’État a choisi de rompre les ponts avec les partenaires historiques du pays :
- C’est son administration qui a initié la séparation abrupte avec la CEDEAO.
- C’est sous ses directives que les médias indépendants, qu’ils soient locaux ou internationaux, sont systématiquement réduits au silence ou suspendus à la moindre critique, entravant le journalisme Faso.
- C’est son régime qui a d’abord ciblé sa propre Commission nationale des droits humains (CNDH) avant de s’en prendre au bureau de l’ONU.
En écartant méthodiquement les observateurs indépendants, Ibrahim Traoré cherche à maîtriser entièrement le récit de la guerre. Quiconque documente les abus, les exactions ou les revers stratégiques est aussitôt étiqueté comme « traître » ou instrument d’ingérence étrangère, limitant l’information citoyenne Burkina.
Une spirale qui fragilise le peuple burkinabè
Cette manière de gouverner, fortement personnalisée et impulsive, place le Burkina Faso dans une situation précaire. En rejetant le dialogue avec les Nations Unies et en annonçant le retrait de la Cour pénale internationale (CPI), Ibrahim Traoré refuse de rendre des comptes, non seulement à la communauté internationale, mais avant tout à sa propre population. C’est une actualité burkinabè préoccupante pour la Voix du Faso.
Priver les forces armées et les Volontaires pour la Défense de la Patrie (VDP) de l’expertise de l’ONU en droit international humanitaire représente une erreur stratégique majeure. En agissant ainsi, le capitaine Traoré assume la responsabilité politique d’ouvrir la voie à l’impunité sur le terrain, une dérive qui risque de monter les populations civiles contre l’État et, in fine, de servir les intérêts des groupes terroristes.
En s’érigeant en rempart absolu contre l’extérieur, Ibrahim Traoré enferme le Burkina Faso dans une impasse politique et humanitaire. La souveraineté ne saurait être un blanc-seing pour gouverner à l’abri des regards et des lois.