Le M23 redevient le groupe armé le plus meurtrier dans l’est de la RDC en juin 2026
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Le M23 a repris en juin sa position de groupe armé le plus meurtrier dans l’est de la RDC, avec au moins 114 civils tués, selon le dernier rapport du Kivu Security Tracker (KST), publié ce vendredi. Ce bilan marque un retour en force du mouvement rebelle, après une période de relative accalmie.
Le KST a enregistré 247 incidents sécuritaires en juin dans les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, contre 305 en mai, soit une baisse de 19 %. Toutefois, cette diminution du nombre d’incidents cache une recomposition de la violence, comme le souligne le rapport. Le M23 est responsable d’au moins 114 morts civiles et de 17 enlèvements en juin, le bilan mensuel le plus lourd attribué au mouvement depuis décembre 2025, période durant laquelle la rébellion avait conquis Uvira.
Cette escalade s’explique par de nouvelles offensives dans les territoires de Masisi et de Rutshuru, où des civils accusés de collaboration avec les Wazalendo ou les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) ont été pris pour cible. Le rapport révèle notamment la découverte de 48 corps dans le village de Bibwe, en territoire de Masisi, après une opération menée par le M23 contre les FDLR. Les témoignages recueillis indiquent que la majorité des victimes ont péri sous les éclats d’obus.
Sur l’ensemble du mois, le KST a dénombré 115 affrontements armés, dont 46 initiés par le M23, représentant 40 % de tous les combats documentés. En Ituri, le rapport constate une diminution de l’activité de la Convention pour la révolution populaire (CRP), après l’annonce d’un cessez-le-feu unilatéral en mai et dans la perspective de discussions avec le gouvernement congolais sous médiation ougandaise.
Le KST note également que la milice Codeco a annoncé sa transformation en mouvement politico-militaire, une démarche présentée comme une quête de reconnaissance politique et de réduction de ses divisions internes.
Les Forces démocratiques alliées (ADF) restent par ailleurs actives dans leurs exactions contre les civils. Le KST leur attribue au moins 62 morts civiles et 57 enlèvements en juin, tout en soulignant l’extension de leur influence au-delà de leurs bastions habituels, jusqu’à la province du Haut-Uele.