À l’approche du coup d’envoi de la Coupe du monde, la sélection de Didier Deschamps peaufine ses réglages avec des duels contre la Côte d’Ivoire et l’Irlande du Nord. Ces ultimes tests avant le grand saut sont une tradition riche en émotions pour l’équipe de France, oscillant entre coups d’éclat et coups du sort. Retour sur dix matchs amicaux qui ont marqué les mémoires, pour le meilleur ou pour le pire.
Avant de s’envoler pour les États-Unis le 9 juin afin d’y défier le Sénégal une semaine plus tard, les Bleus passent par Nantes ce jeudi, puis Lille le 8 juin. Ces galops d’essai rappellent que la préparation est rarement un long fleuve tranquille.
Le cauchemar de Cissé et la rareté de Zidane
France-Chine, le 7 juin 2006
Le stade Geoffroy-Guichard reste marqué par une scène effroyable. Djibril Cissé, lancé d’entrée par Raymond Domenech, s’effondre dès son premier ballon après un contact avec le capitaine adverse, Zheng Zhi. Le verdict est sans appel : une double fracture tibia-péroné à la jambe droite qui le prive du voyage en Allemagne. Pour l’attaquant, c’est une réédition tragique de sa blessure de 2004.
Cette rencontre voit également Zinédine Zidane échouer sur penalty, un fait unique dans son parcours sous le maillot national. Il se rattrapera lors de la phase finale avec deux réussites cruciales, dont sa célèbre panenka en finale contre l’Italie.
Bilan final : Finalistes.
Zidane touché, les espoirs brisés
Corée du Sud – France : 2-3, le 26 mai 2002
Auréolé d’un sacre européen avec le Real Madrid, Zinédine Zidane rejoint le groupe en Asie après une courte pause familiale. À Suwon, face aux Sud-Coréens, le meneur de jeu, visiblement émoussé, est victime d’une alerte à la cuisse gauche.
Cette blessure devient l’unique préoccupation nationale, occultant la préparation tactique et le danger représenté par le Sénégal. Ce contretemps physique marquera le début d’un tournoi catastrophique pour les hommes de Roger Lemerre.
Bilan final : Sortie dès le premier tour.
Tensions et polémiques à Helsinki
Finlande-France : 0-1, le 5 juin 1998
L’ambiance est glaciale en Finlande pour les troupes d’Aimé Jacquet. Malgré un succès assuré par David Trezeguet, le climat s’envenime suite aux critiques acerbes des médias. Christophe Dugarry, pointé du doigt, voit ses partenaires se solidariser en boycottant les rendez-vous médiatiques. Pourtant, c’est bien lui, avec son numéro 21, qui finira par faire taire les critiques lors du match d’ouverture contre l’Afrique du Sud.
Bilan final : Champions du monde.
L’étrange défi mexicain
France-Guatemala : 8-1, le 21 mai 1986
À plus de 2000 mètres d’altitude, Henri Michel organise une rencontre atypique découpée en trois périodes. Les conditions sont précaires : terrain dégradé et coup d’envoi à midi sous une chaleur écrasante pour satisfaire les diffuseurs. Jean Tigana et ses coéquipiers expriment leur mécontentement face à ces impératifs commerciaux qui nuisent à la préparation sportive.
Bilan final : Troisième place.
Entre revendications et sauvetage de Platini
France-Tunisie : 2-0, le 19 mai 1978
Le contexte politique s’invite à Villeneuve-d’Ascq, où des banderoles dénoncent la tenue du Mondial en Argentine. Sur le terrain, les Bleus peinent à convaincre, s’attirant les moqueries du public. Il faudra l’entrée en jeu de Michel Platini, initialement préservé, pour débloquer la situation et offrir la victoire aux siens.
Bilan final : Élimination précoce.
Festival offensif en Écosse
Selkirk-France : 2-11, 7 juillet 1966
Pour gagner en confiance, la France affronte des équipes écossaises de modeste envergure. Le score est fleuve, mais l’ambiance est ternie par le retrait volontaire de Lucien Muller, frustré par son statut de remplaçant annoncé. Malgré ce couac interne, Henri Guérin loue la cohésion de son groupe.
Bilan final : Sortie dès le premier tour.
L’avènement de Just Fontaine
Narke-France : 0-12, 25 mai 1958
En Suède, les Bleus se mesurent à des sélections locales de divisions inférieures. Just Fontaine profite de ces oppositions pour briller et inscrire un quadruplé. La blessure sérieuse de son concurrent direct, René Bliard, lui ouvre définitivement les portes de la titularisation. C’est le début d’une épopée historique pour celui qui marquera 13 buts durant le tournoi.
Bilan final : Troisième place.
Un laboratoire tactique risqué
Belgique-France : 3-3, le 30 mai 1954
Gaston Barreau tente un pari audacieux en écartant plusieurs cadres habituels pour tester de nouveaux joueurs face aux Belges. Ce manque de continuité et la multiplication des essais entre l’équipe A et l’équipe B nuisent gravement à l’unité du collectif juste avant la compétition en Suisse.
Bilan final : Élimination au premier tour.
La révolution tactique de Kimpton
Hollande-France : 4-5, le 10 mai 1934
Le sélectionneur George Kimpton tente d’imposer le système en W.M., mais la défense française montre d’inquiétantes lacunes à Amsterdam. L’exigence de discipline prônée par l’Anglais ne suffira pas à stabiliser l’équipe, qui s’inclinera dès son entrée en lice contre l’Autriche.
Bilan final : Sortie au premier tour.
L’odyssée du Conte Verde
France-Roumanie : 4-2, le 10 juillet 1930
Après une traversée de l’Atlantique de treize jours en compagnie de leurs futurs adversaires, les Bleus disputent un match amical contre la Roumanie dès leur arrivée à Montevideo. Ce duel fraternel précède la toute première édition de la Coupe du monde, marquant l’entrée de la France dans l’histoire du football mondial.
Bilan final : Élimination au premier tour.