essor du e-football au Sénégal, une révolution numérique

Les écrans de smartphone brillent dans la pénombre des salles d’entraînement dakaroises. Ici, des joueurs passionnés s’affrontent sur eFootball, le jeu mobile édité par Konami, qui s’impose comme une véritable révolution dans le paysage sportif sénégalais. Plus accessible que les jeux sur console, cette plateforme attire des milliers de jeunes talentueux, prêts à se professionnaliser dans l’e-sport. À Dakar, l’ambiance est électrique : les qualifications pour la Coupe du monde eFootball approchent, et l’équipe nationale sénégalaise, coachée par Ibrahima Diop alias Ibzo, s’entraîne sans relâche pour se hisser parmi les meilleurs.

Ibzo en pleine séance d'entraînement avec l'équipe nationale sénégalaise d'eFootball

un phénomène qui dépasse les attentes

Le football traditionnel reste une passion profondément ancrée au Sénégal, mais l’e-sport s’impose comme un complément incontournable. Le jeu mobile eFootball séduit par sa simplicité : un smartphone et une connexion suffisent. Mohamed, 17 ans, venu de Saint-Louis pour ces qualifications, résume l’engouement : « C’est un plaisir simple mais intense. La compétition est féroce, et on se bat pour ne pas se faire battre. Le plus beau ? Même avec un téléphone basique, on peut jouer. Les consoles coûtent cher, mais un smartphone avec 3 Go de RAM suffit. »

Pape Mouhamed Saloum Sow, étudiant en droit, partage cette vision : « Je rêve de passer pro. L’eFootball n’est plus un simple divertissement, c’est une famille. On se connaît à peine, et pourtant, on devient inséparables. » Pour ces jeunes, le jeu représente une porte d’entrée vers une carrière sportive, un rêve accessible malgré les contraintes matérielles.

les défis d’une jeune discipline

Malgré l’enthousiasme, les joueurs sénégalais doivent relever des obstacles de taille. D’abord, la plateforme TikTok, utilisée pour partager analyses et conseils, ne permet pas encore de monétiser les contenus en Afrique, contrairement à l’Europe ou aux États-Unis. Ensuite, les problèmes de connexion handicapent lourdement les performances : « Le serveur unique pour l’Afrique est situé en Afrique du Sud. Résultat ? Une latence interminable. Parfois, une passe met deux minutes à s’exécuter. » explique Ibzo, le sélectionneur.

Pour structurer cette discipline en plein essor, Ibzo a fondé son propre club. Il peut compter sur le soutien de la Fédération sénégalaise des sports électroniques (Fesseda), créée il y a deux ans. Son président, El Hadji Mansour Jacques Sagna, annonce avec fierté : « Nous avons signé une convention pour organiser les e-navétanes, des compétitions locales qui permettront à des milliers de jeunes de s’affronter sur l’ensemble du territoire. »

La Fesseda prépare également l’ouverture d’un centre d’analyse et de performance e-sport au stade Léopold-Sédar-Senghor. Un pas de géant vers la professionnalisation de l’e-sport au Sénégal.

vers une reconnaissance officielle ?

Avec des talents comme Ibzo ou Medzo, l’équipe nationale sénégalaise d’eFootball pourrait bien marquer l’histoire. Les joueurs, unis par une même passion, se battent pour briller sur la scène internationale. Entre rêves de carrière, défis techniques et ambition collective, l’e-sport sénégalais trace sa voie, prouvant que le ballon rond n’est plus le seul terrain de gloire pour les talents locaux.