Les amateurs de football devront encore patienter. Lundi soir, l’Assemblée nationale a refusé un amendement qui visait à imposer la diffusion d’une rencontre de Ligue 1 en clair à chaque journée de championnat.
Cette disposition, adoptée en commission plusieurs semaines auparavant, devait figurer dans la proposition de loi portant réforme du sport professionnel. Elle prévoyait qu’une chaîne puisse retransmettre un match de Ligue 1 chaque week-end sans abonnement.
Les députés favorables à cette mesure souhaitaient avant tout faciliter l’accès au football français. Dans l’exposé des motifs, ils soulignaient que la multiplication des diffuseurs et des offres payantes éloignait une partie du public des compétitions nationales. L’idée était de créer un lot spécifique lors des prochains appels d’offres, afin qu’une chaîne puisse diffuser une partie du championnat par journée. Les partisans de l’amendement estimaient aussi qu’une telle visibilité aiderait à lutter contre le piratage. Cette proposition intervenait alors que les supporters doivent aujourd’hui jongler avec plusieurs abonnements pour suivre l’ensemble du championnat.
La LFP s’opposait à cette évolution
Cette option ne faisait toutefois pas consensus dans le milieu du football professionnel. Plusieurs dirigeants ainsi que la Ligue de football professionnel redoutaient qu’une rencontre gratuite chaque semaine ne diminue la valeur des droits audiovisuels. Pour les clubs, déjà confrontés à une baisse des recettes télévisées ces dernières années, l’enjeu économique restait primordial. Une diffusion en clair aurait imposé la création d’un nouveau lot lors des appels d’offres, sans certitude sur les recettes supplémentaires générées. Avec le rejet de l’amendement, la retransmission de la Ligue 1 ne change donc pas à court terme. La plateforme Ligue 1+ conserve l’intégralité des affiches du championnat. Bien que le débat semble clos pour l’instant, la question de l’accessibilité du football français pourrait rapidement refaire surface lors des prochaines négociations sur les droits télévisés.