Face à la plainte déposée par les magistrats contre le ministre de la Sécurité publique pour des propos jugés offensants envers leur corps professionnel, le président de la République, Mahamat Idriss Deby Itno, a choisi de prendre position en sa faveur.

Une défense ferme des principes démocratiques

Dans un discours sans ambiguïté, le chef de l’État a rappelé que dans un État de droit, l’expression publique, qu’elle émane d’un simple citoyen ou d’un haut responsable, doit s’exercer sans restriction excessive, à condition de respecter le cadre légal. Il a tenu à souligner qu’un refus systématique de la critique de la part des magistrats pourrait, à terme, affaiblir les fondements mêmes de notre pacte social.

En réaction à cette situation, Mahamat Idriss Deby Itno a pris une décision symbolique : il renonce désormais à présider le Conseil supérieur de la magistrature. Une manière de marquer son soutien au ministre tout en rappelant l’importance de l’équilibre entre les institutions.

Une clarification nécessaire sur les critiques

Le président a tenu à apporter une précision essentielle : le ministre de la Sécurité publique n’a jamais attaqué l’institution judiciaire dans son ensemble, ni l’ensemble des magistrats. Son intervention visait uniquement certains aspects spécifiques du fonctionnement de la justice, qu’il a qualifiés de problématiques.

Par ailleurs, il a rappelé que le syndicalisme, pilier de la démocratie, ne doit pas servir à justifier des pratiques contraires aux valeurs fondamentales de justice et d’éthique. Défendre une cause ou une personne ne doit pas devenir un prétexte pour tolérer des dérives, a-t-il ajouté.

Les origines du conflit

L’escalade entre le ministre et les magistrats trouve son origine dans une vidéo largement diffusée sur les réseaux sociaux. On y voit le responsable sécuritaire exprimer son mécontentement face à des décisions judiciaires qu’il estime propices à la propagation de fausses informations. Il n’a pas hésité à employer des termes forts, promettant même de « déchirer » ce qu’il qualifie de « fausses ordonnances ».