Libreville – À peine remis ses lettres de créance au président Brice Clotaire Oligui Nguema, le nouvel ambassadeur du Tchad au Gabon, Zakaria Fadoul Kittir Jr., a choisi de plonger au cœur de la révolution industrielle gabonaise.
Le diplomate a visité jeudi la Zone d’Investissement Spéciale de Nkok, un site devenu en quelques années la vitrine de la transformation économique du pays. Cette démarche, réalisée dès le début de sa mission, va bien au-delà des obligations protocolaires. Elle reflète l’intérêt grandissant que suscite l’expérience gabonaise auprès de nombreux États africains, confrontés aux mêmes enjeux de diversification, d’industrialisation et de valorisation locale des matières premières.
Le bois, moteur de l’industrie locale
La visite a mis l’accent sur la filière bois, emblème de la stratégie gabonaise. L’ambassadeur tchadien a découvert les installations de Chanta Group, entreprise spécialisée dans le contreplaqué et les feuilles de placage, dont les produits écoulés sur les marchés africains et internationaux illustrent la réussite d’un pari industriel.
Cette immersion a permis à la délégation de mesurer concrètement les fruits d’une politique amorcée il y a plusieurs années. Le Gabon, autrefois simple exportateur de grumes brutes, a imposé une logique de transformation locale pour conserver une part plus importante de la richesse générée par ses forêts. Aujourd’hui, des dizaines d’usines à Nkok transforment le bois sur place, créent des emplois qualifiés, favorisent les transferts de compétences et répondent aux standards internationaux. Pour les observateurs, cette évolution est l’une des expériences les plus abouties d’industrialisation basée sur les ressources naturelles en Afrique.
Une plateforme de diversification économique
Mais Nkok ne se résume pas au bois. Cette zone industrielle intégrée accueille des entreprises actives dans la métallurgie, les matériaux de construction, l’agro-industrie ou encore la transformation manufacturière. Cette diversité en fait un levier stratégique pour la politique de diversification économique du Gabon, qui cherche à réduire sa dépendance aux exportations brutes dans un contexte mondial marqué par l’incertitude des marchés de matières premières.
L’intérêt manifesté par le représentant tchadien s’inscrit dans une tendance plus large : de plus en plus de pays africains cherchent à s’inspirer d’exemples concrets pour transformer localement leurs ressources, développer des chaînes de valeur nationales et renforcer leur souveraineté économique.
Nkok, outil d’influence diplomatique
Au-delà de ses performances industrielles, Nkok devient un instrument de rayonnement pour le Gabon. Chaque visite officielle renforce son statut de vitrine du savoir-faire national et d’aimant pour les investisseurs internationaux. Pour Libreville, cette reconnaissance valide la stratégie de faire du pays un pôle industriel régional attractif pour les capitaux, technologies et partenariats.
La visite de l’ambassadeur tchadien intervient dans un contexte où la coopération économique africaine dépasse les simples échanges de matières premières : elle porte désormais sur les modèles industriels, les expériences de transformation et les stratégies de création de valeur. En attirant l’attention des diplomates, investisseurs et décideurs du continent, la Zone d’Investissement Spéciale de Nkok confirme qu’elle n’est plus seulement un projet gabonais, mais une référence africaine pour l’industrialisation et le développement durable.