Un virage inattendu dans les propos d’Ousmane Sonko sur le Conseil constitutionnel
La position d’Ousmane Sonko concernant le Conseil constitutionnel s’est récemment transformée, révélant une volte-face saisissante. Après avoir prôné le respect des décisions institutionnelles, le leader de Pastef a adopté un ton radicalement différent lors de l’inauguration du siège de son parti à Touba. Il a alors dénoncé avec virulence l’emprise du pouvoir exécutif sur les lois votées par les députés, qualifiant cette situation de « profondément préoccupante ».

D’un appel au calme à une critique acerbe
Quelques jours seulement après avoir appelé au respect des décisions du Conseil constitutionnel, Ousmane Sonko a opéré un changement de cap spectaculaire. À l’époque, il avait salué la décision des Sages invalidant un texte législatif qui aurait renforcé les prérogatives du Parlement au détriment du président Macky Sall. Il avait alors insisté sur la nécessité de respecter les institutions : « Cette décision s’impose à tous ! (…) En démocratie, lorsque les institutions s’activent dans leur domaine de compétence, aucun conflit ne peut éclater. »
Pourtant, lors de son intervention à Touba, le leader de Pastef a adopté un discours radicalement opposé. Devant ses partisans, il a vivement critiqué la décision rendue par les sept membres du Conseil constitutionnel, affirmant que leur rôle ne consistait pas à valider des lois dictées par le président. « Le Conseil constitutionnel ne peut pas imposer aux députés de voter des textes qui satisfont uniquement le président. C’est une situation alarmante », a-t-il lancé avec fermeté.
Une attaque directe envers le président Faye
Ousmane Sonko n’a pas hésité à pointer du doigt la fréquence des recours du chef de l’État devant le Conseil constitutionnel. Il a ironisé sur le fait que le président Bassirou Diomaye Faye saisisse régulièrement cette instance, soulignant : « Chaque semaine, il soumet au Conseil constitutionnel un nouveau dossier. » Cette remarque, teintée de critique, met en lumière les tensions persistantes entre les deux figures politiques.
Ce revirement soudain interroge sur la stratégie politique d’Ousmane Sonko et son rapport aux institutions. Alors qu’il avait d’abord défendu l’autorité des Sages, il semble désormais remettre en cause leur impartialité, voire leur rôle dans l’équilibre des pouvoirs.