Alors que de nombreux pays africains accélèrent leur intégration en supprimant les formalités de visa, le Cameroun maintient un accès strict à son territoire. Cette situation s’explique par des enjeux géopolitiques et sécuritaires qui freinent toute avancée vers une politique d’ouverture.
Une diplomatie fondée sur l’échange mutuel
La politique étrangère camerounaise repose sur un principe d’équilibre : Yaoundé n’accorde des facilités de circulation qu’aux États qui offrent les mêmes avantages à ses ressortissants. Tant que les discussions bilatérales ne progressent pas, les restrictions persistent, limitant ainsi les possibilités d’exemption de visa.
Sécurité nationale et contrôle des frontières
Avec des défis majeurs au Grand Nord (Boko Haram) et dans les régions anglophones (Nord-Ouest et Sud-Ouest), le gouvernement camerounais juge indispensable de maintenir un contrôle strict des entrées sur son sol. Pour les autorités, le visa obligatoire sert de rempart contre les menaces sécuritaires et les flux migratoires non maîtrisés.
Une intégration régionale en demi-teinte
Contrairement à d’autres blocs comme la CEDEAO ou l’Afrique de l’Est, la CEMAC (Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale) peine à appliquer pleinement la libre circulation. Si le principe d’exemption de visa existe sur le papier, sa mise en œuvre reste limitée, freinant ainsi l’ouverture du Cameroun au reste du continent.
📊 Bilan du « visa free » en afrique ces deux dernières années
Pour mieux comprendre la dynamique actuelle, voici les principales évolutions observées entre 2024 et 2026 en matière de facilitation des voyages intra-africains.
Les pays ayant adopté une politique d’ouverture totale
Plusieurs nations ont franchi un cap en supprimant les visas pour tous les Africains, dans le but de dynamiser les échanges commerciaux et le tourisme :
- Le Ghana (janvier 2025) : Adoption d’une exemption de visa pour tous les ressortissants africains.
- Le Kenya (janvier 2024) : Passage à un système « visa free » accompagné d’une autorisation électronique simplifiée (eTA) pour les visiteurs africains.
- Le Rwanda, le Bénin et la Gambie : Ces pays, déjà engagés dans cette voie, continuent de maintenir leur politique d’accès sans visa.
- L’Afrique du Sud (juillet 2026) : Élargissement de la liste des pays africains exemptés de visa (22 pays, dont l’Algérie, la Côte d’Ivoire ou le Gabon) pour des séjours de 30 à 90 jours.
💡 Chiffre clé à retenir
28 % : C’est le taux actuel d’ouverture du continent. Aujourd’hui, près de 28 % des déplacements entre deux pays africains peuvent se faire sans visa préalable (contre 20 % en 2016). Par ailleurs, 31 pays africains proposent désormais un e-Visa, facilitant encore davantage les voyages.