Le président du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication (CSAC) de la République démocratique du Congo, Christian Bosembe, a déclenché une action radicale contre la propagation de contenus en ligne dangereux. Il a annoncé le blocage imminent de tous les comptes TikTok associés à la propagande de la rébellion de l’AFC-M23. Les discussions avec les dirigeants du réseau social sont déjà engagées pour appliquer cette décision dans les plus brefs délais.
Pour le régulateur congolais, il est intolérable qu’un individu comme Corneille Nangaa, qualifié de « terroriste », puisse disposer d’une visibilité numérique dans un pays en proie à des tensions armées. Il reproche à TikTok de ne pas suffisamment modérer les contenus menaçant la stabilité nationale.
Une comparaison frappante
Christian Bosembe a interpellé les responsables de TikTok en posant une question percutante : « Un compte de l’organisation Hezbollah serait-il autorisé en France ? Un profil lié à Al-Qaïda serait-il toléré aux États-Unis ? ». Selon lui, la réponse est évidente : non. Pourtant, en République démocratique du Congo, les appels à la violence et les messages de chefs rebelles, accusés de crimes contre les civils, circulent sans entrave. Le régulateur juge cette situation « grave » et « indigne » d’un État souverain.
Face au silence persistant de TikTok, Christian Bosembe a pris une décision ferme. Il défend cette mesure par son devoir de protéger l’ordre public et l’unité nationale, en s’appuyant sur l’exemple du Gabon, qui a déjà interdit TikTok sur son territoire. Les rebelles de l’AFC-M23, responsables de violences contre les populations civiles dans l’Est de la RDC, sont au cœur de ces préoccupations. Kinshasa accuse le Rwanda de soutenir ce groupe pour exploiter illégalement les ressources minières congolaises. Pour le président du CSAC, couper court à ces relais numériques est une priorité absolue.
« À un moment donné, l’État congolais doit simplement se respecter. Et pour cela, il est indispensable de fermer ces plateformes », déclare Christian Bosembe avec fermeté.
Cette initiative soulève également des enjeux de souveraineté numérique en RDC. Dans un contexte où les réseaux sociaux sont utilisés comme des armes de guerre médiatique, les autorités de Kinshasa cherchent à reprendre le contrôle des outils accusés de servir de caisse de résonance à l’opposition armée. La décision du CSAC pourrait bien marquer un tournant dans la régulation des réseaux sociaux pendant les conflits.