Retour de Macky Sall au Sénégal : une visite qui attise les braises de la polémique

Le retour imminent de Macky Sall au Sénégal, prévu pour une rencontre avec le président Bassirou Diomaye Faye, s’annonce comme un événement hautement inflammable. Prévue initialement pour ce vendredi 17 juillet, cette visite ravive des plaies encore vives dans la mémoire collective. Entre 2021 et 2024, le pays a connu une période de répression violente lors de manifestations, laissant derrière elle des dizaines de victimes.

Dès hier, jeudi 16 juillet, les réactions ne se sont pas fait attendre. Un collectif exigeant justice pour les familles endeuillées a dénoncé avec véhémence cette arrivée. « Cette visite est une insulte aux victimes et à leurs proches », a lancé Boubacar Sèye. Pour lui, « l’histoire récente du Sénégal ne peut effacer les responsabilités de cette époque », marquée par une répression sanglante.

Ancien président sénégalais Macky Sall lors d'une rencontre officielle

Un accueil contrasté entre indignation et soutien

Les critiques fusent de toutes parts. Guy Marius Sagna, député et figure de la majorité présidentielle, n’a pas mâché ses mots. « Accueillir Macky Sall revient à piétiner la mémoire des victimes et à bafouer la dignité des détenus politiques », a-t-il affirmé. Pour lui, cette rencontre est « une provocation intolérable ».

À l’opposé, l’Alliance pour la République (APR), parti de l’ancien chef de l’État, mobilise ses militants. Des rassemblements de soutien sont organisés dès aujourd’hui et demain à Dakar. Sur les réseaux sociaux, Macky Sall a précisé qu’il quitterait le pays « sans délai » après son entretien avec Bassirou Diomaye Faye.

Une candidature à l’ONU sous les projecteurs

Cette visite s’inscrit dans un contexte international tendu. Macky Sall brigue en effet le poste de secrétaire général des Nations unies, une candidature portée par le Burundi — et non par le Sénégal. Une situation qui ajoute une couche de complexité à ce retour controversé.

Côté officiel, la présidence sénégalaise est restée muette. Cependant, Yankhoba Diémé, ministre des Forces armées, a tenté de calmer le jeu. Pour lui, « il s’agit d’une visite privée, tout à fait normale pour un ancien président qui n’est ni poursuivi ni condamné ».