Une rencontre historique pour faciliter le retour des réfugiés centrafricains depuis la RDC

Kinshasa accueille du 9 au 12 juin une réunion tripartite d’envergure réunissant la République démocratique du Congo, la République centrafricaine et le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR). L’objectif principal ? Organiser le rapatriement volontaire de plus de 20 000 réfugiés centrafricains encore présents sur le sol congolais.

Plus de 20 000 réfugiés centrafricains à rapatrier : un défi logistique et humain

Selon les chiffres officiels présentés lors de cette rencontre, 22 604 réfugiés centrafricains sont actuellement enregistrés biométriquement en RDC. Ils se trouvent principalement dans les provinces du Nord-Ubangi, du Sud-Ubangi et du Bas-Uélé. À ces réfugiés s’ajoutent 65 000 nouveaux demandeurs d’asile arrivés en mai 2025 dans la localité de Zapaï, située dans le territoire d’Ango (Bas-Uélé).

Pierre Atchom, représentant du HCR en RDC, a souligné l’urgence d’une solution durable : « Ces réfugiés souhaitent retourner dans leur pays d’origine, mais les conditions de sécurité doivent être garanties pour un retour dans la dignité. »

Un processus de rapatriement déjà en marche

Le retour des réfugiés centrafricains depuis la RDC n’est pas une première. Depuis l’accord tripartite signé en juillet 2019 entre les trois parties, 40 000 Centrafricains ont déjà regagné leur pays. Éric Mukandila, secrétaire permanent de la Commission nationale pour les réfugiés (CNR) et chef de la délégation congolaise, a rappelé que ce processus avait repris après la pacification des zones autrefois touchées par les conflits armés.

« L’accord de 2019 a été renforcé par la Déclaration de Yaoundé en 2022, qui promeut une approche régionale pour des solutions durables aux déplacements forcés liés à la crise centrafricaine », a-t-il déclaré. Cette déclaration a permis d’accélérer les retours dans des conditions sécurisées et dignes.

Des prévisions ambitieuses pour 2026

La partie centrafricaine a dévoilé ses ambitions pour cette année. Mesmin Guenguebe Mbari, conseiller en charge de l’aménagement du territoire et chef de la délégation de la RCA, a annoncé un potentiel de retour de près de 60 000 réfugiés en provenance de différents pays d’asile. Il a présenté une stratégie innovante basée sur la création de pôles de développement dans les zones de retour en Centrafrique.

Il a également insisté sur la nécessité d’une évaluation rigoureuse des retours déjà effectués : « Nous devons analyser les conditions d’intégration des réfugiés dans leurs communautés d’origine et mesurer l’impact réel de l’aide qui leur a été allouée. » Cette pause méthodique permettra d’ajuster les politiques futures pour garantir un retour pérenne.

Un appel à la solidarité et à l’action concrète

Face à la frustration croissante des candidats au retour, exacerbated par les retards et les obstacles logistiques, les trois parties ont convenu de la nécessité d’examiner en profondeur les défis restants. « Cette situation provoque colère et découragement. Un examen approfondi s’impose pour dégager des pistes de solution et assurer un retour sûr et digne », a préconisé Éric Mukandila.

Les discussions, qui se poursuivent jusqu’au 12 juin, visent à finaliser un plan d’action concret pour accélérer les retours tout en garantissant leur durabilité. Les experts présents à Kinshasa travaillent sans relâche pour transformer cette réunion tripartite en un succès opérationnel.

Les délégations de la RDC, de la RCA et du HCR en pleine discussion lors de la réunion tripartite à Kinshasa.

Ce qu’il faut retenir

  • 22 604 réfugiés centrafricains enregistrés biométriquement en RDC.
  • 65 000 nouveaux demandeurs d’asile arrivés en 2025.
  • 40 000 retours déjà organisés depuis 2019.
  • 60 000 réfugiés potentiellement concernés par un retour en 2026.
  • Une stratégie basée sur des pôles de développement en RCA.
  • Un objectif : un retour sûr, digne et durable.