Sécurisation des mines en RDC : 20 000 gardes en formation pour une unité spéciale

République démocratique du Congo | Exploitation minière | Paul Gazabe Nbanze

Dans le cadre d’une amélioration de la gouvernance du secteur minier en République démocratique du Congo, les autorités planchent sur la création d’une unité spéciale dédiée à la sécurisation des exploitations. Cette force, composée de 20 000 agents encore en phase de formation, aura pour missions principales de protéger les grandes mines industrielles, d’encadrer l’exploitation artisanale et de renforcer la traçabilité des exportations de minerais.

Pour l’heure, le gouvernement congolais n’a pas révélé le nom de l’entreprise privée retenue pour former cette unité paramilitaire. La formation des gardes miniers devrait débuter en septembre prochain, et le premier bataillon sera déployé dans la région du Katanga en janvier 2027.

Jusqu’à présent, l’armée et la police assuraient la sécurité autour des sites miniers. Mais dans certaines provinces, comme le Lualaba, des agents privés locaux, recrutés et formés par des entreprises enregistrées auprès des services de sécurité, interviennent déjà. Henri Kasongo Mutata, coordonnateur de la commission diocésaine des ressources naturelles et de l’environnement dans cette province, précise : « La sécurisation des sites miniers ici, au Lualaba, actuellement, est assurée par la police des mines, associée aussi à différentes maisons de gardiennage. Il y a des gardes privées qui sont sollicitées par les titulaires miniers pour sécuriser leurs sites. »

Des mines moins criminogènes

La RDC recèle d’importants gisements de cuivre, de cobalt, d’étain, de coltan, d’or, de lithium et de zinc. Bien que des accords autorisent des entreprises, notamment américaines, à exploiter certains sites, plusieurs d’entre eux restent inaccessibles en raison du conflit qui sévit dans l’est du pays. C’est le cas de la mine de coltan de Rubaya, l’une des plus importantes au monde, actuellement sous le contrôle des rebelles de l’AFC-M23. Cette situation préoccupe Crispine Ngena, activiste écoféministe spécialisée dans la participation des femmes à la gestion des ressources naturelles. Elle déclare : « Le premier défi, c’est que les sites sont militarisés. Je ne vois pas le respect des droits dans des jungles. Je ne vois pas l’application des normes. La deuxième des choses : est-ce que l’État congolais a cette capacité de rendre les mines moins criminogènes et de faire en sorte que les entreprises étrangères puissent respecter les normes et puissent respecter les droits, surtout les droits des peuples autochtones et les droits des femmes dans ces zones où c’est déjà la jungle ? »

Par ailleurs, depuis plusieurs mois, des équipes de sécurité privées liées à Erik Prince, fondateur de l’ex-société Blackwater, ont été déployées dans plusieurs mines autour de Kolwezi et de Kisangani, dans les provinces du Lualaba et de la Tshopo. Leur mission principale consisterait à sécuriser les mines, améliorer la collecte des taxes et lutter contre la contrebande.