(FILES) Senegal Prime Minister Ousmane Sonko (L) hands over to Senegal President Bassirou Diomaye Faye (R) the official report on the Thiaroye massacre during a ceremony at the Presidential Palace in Dakar, on October 16, 2025. Senegal President Bassirou Diomaye Faye on Friday sacked Prime Minister Ousmane Sonko and dissolved the government after months of tensions, deepening a crisis in the debt-laden west African nation. The shock announcement was made on state television in a decree read out by presidential aide Oumar Samba Ba, who said Faye "has ended the duties of Ousmane Sonko... and consequently those of the ministers and secretaries of state who are members of the government". (Photo by PATRICK MEINHARDT / AFP)

Sénégal : la fin d’une alliance entre Sonko et Faye face aux défis économiques

L’union politique qui a porté Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko vers le pouvoir s’effrite sous le poids des rivalités et des tensions économiques. Après des mois de collaboration étroite, marquée par un slogan de campagne emblématique, les deux figures du Sénégal se retrouvent désormais en opposition frontale.

De l’alliance indéfectible à la rivalité ouverte

Lors de la campagne présidentielle de 2024, leur slogan « Diomaye Moy Sonko » (« Diomaye c’est Sonko ») en wolof symbolisait une alliance sans faille. Ensemble, ils ont défait l’ancien président Macky Sall, mettant fin à une ère politique marquée par des années de pouvoir. Pourtant, cette dynamique de collaboration s’est rapidement transformée en une confrontation frontale.

Limogé brutalement le 22 mai par le président Faye, Ousmane Sonko a repris son siège de député à l’Assemblée nationale sénégalaise. Son élection à la présidence de cette institution le place désormais comme la deuxième autorité du pays, mais aussi comme le principal rival du chef de l’État.

Un contexte économique tendu qui alimente les tensions

La crise économique actuelle du Sénégal a exacerbé les désaccords entre les deux hommes. Les défis budgétaires, les ajustements structurels et les attentes citoyennes ont mis à mal la cohésion de leur tandem. Leur divergence sur la gestion des priorités nationales a accéléré leur éloignement politique.

Sonko, figure charismatique et influente, incarne désormais une opposition déterminée. Son nouveau rôle à la tête de l’Assemblée lui confère un pouvoir institutionnel majeur, mais aussi une plateforme pour contester l’action gouvernementale.

Un rapport de force qui se redessine

La destitution de Sonko de son poste de Premier ministre a marqué un tournant. Son retour à l’Assemblée et son élection à la présidence de cette institution renforcent sa position. Désormais, il n’est plus seulement un allié déchu, mais un adversaire politique de premier plan, capable de mobiliser une partie importante de l’opinion publique.

Cette situation crée une dynamique inédite au Sénégal. Le président Faye doit désormais composer avec un rival institutionnel puissant, tandis que Sonko dispose d’un levier pour influencer les décisions nationales. Leur affrontement reflète les tensions plus larges qui traversent le pays, entre ambitions politiques et réalités économiques.