L’alliance politique entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, autrefois unie par un programme ambitieux, fait aujourd’hui l’objet d’un examen minutieux quant à la concrétisation de ses engagements. Des observateurs de la scène politique sénégalaise soulignent plusieurs points de divergence entre les promesses initiales et les actions menées.

Initialement, le duo avait uni ses forces pour maintenir le Président au sein du Conseil supérieur de la magistrature, une position qui semblait contredire une réforme majeure qu’ils avaient pourtant eux-mêmes annoncée. De même, les appels à candidatures pour des postes de direction, pourtant clairement énoncés dans leur programme, ont été collectivement ignorés.

L’abrogation de la loi d’amnistie figurait parmi les engagements phares. Cependant, cette législation fondamentale est finalement restée en l’état, suscitant des interrogations sur la volonté réelle de réforme.

La question des fonds politiques a également été soulevée. Ces fonds ont été distribués en toute discrétion, alors qu’une réforme visant à mieux les encadrer n’aurait requis qu’une majorité à l’Assemblée nationale. Cette majorité, le bloc politique l’avait pourtant acquise quelques mois seulement après son installation, laissant ainsi une opportunité de transparence inexploitée.

Il est frappant de constater que ceux qui semblaient réticents à toute initiative réformatrice lorsque Ousmane Sonko et Bassirou Diomaye Faye collaboraient, affichent désormais un empressement remarquable pour des changements qu’ils auraient pu initier bien plus tôt. Ce zèle tardif questionne la sincérité des intentions et l’opportunisme politique.

L’Assemblée nationale, en tant qu’institution fondamentale de la République sénégalaise, mérite un rôle plus noble que celui de théâtre pour des règlements de comptes ou des démonstrations politiques. Une rupture, même mise en scène, ne saurait effacer les responsabilités collectives et partagées qui ont marqué cette période.