Lors de l’inauguration du siège du mouvement Pastef à Touba, le président de l’Assemblée nationale sénégalaise n’a pas mâché ses mots. Ousmane Sonko a vivement critiqué Diomaye Faye, chef de l’État, qu’il qualifie désormais de « marionnette » et de dirigeant « facilement manipulable ».

Cette attaque publique survient alors que Ousmane Sonko, figure majeure de la scène politique locale, avait pourtant apporté son soutien à la candidature de Diomaye Faye lors de la présidentielle de 2024. Une posture qui, selon ses déclarations récentes, lui apparaît aujourd’hui comme une erreur de jugement.

Sénégal : Ousmane Sonko critique Diomaye Faye

Des accusations lourdes contre le pouvoir en place

Dans un discours sans équivoque, Ousmane Sonko a dressé un bilan accablant de la gouvernance actuelle. Selon lui, Diomaye Faye serait sous l’influence de personnalités opportunistes, y compris au sein de l’opposition, qui lui feraient miroiter un contrôle illusoire sur les forces de défense et de sécurité. Une stratégie, selon Sonko, visant à lui faire croire qu’il pourrait briguer un second mandat.

« Que Dieu nous préserve d’un président frileux », a-t-il lancé, avant d’ajouter avec ironie : « C’est quelqu’un qui se laisse facilement manipuler. Il se laisse influencer par des hommes politiques de la dernière heure ».

Une rupture politique et personnelle

Les tensions entre les deux hommes remontent à la période où Diomaye Faye occupait les fonctions de secrétaire général et coordinateur des cadres au sein du parti au pouvoir. Ousmane Sonko révèle aujourd’hui que son ancien allié travaillait alors dans l’ombre à la création de son propre mouvement politique au sein même de la structure existante.

Depuis son accession à la présidence, Diomaye Faye aurait cru pouvoir compter sur l’allégeance de la majorité des cadres du parti. Une ambition qui s’est heurtée à une réalité bien différente : « Malheureusement pour lui, personne ne l’a suivi », a conclu Sonko, soulignant ainsi l’isolement croissant du chef de l’État.

Un climat politique sous haute tension

Cette sortie publique de Ousmane Sonko intervient dans un contexte où les relations entre les différentes forces politiques sénégalaises restent tendues. Les déclarations du président de l’Assemblée nationale risquent d’alimenter encore davantage les spéculations sur la stabilité institutionnelle du pays et la cohésion au sein de la majorité présidentielle.