Sonko lance un ultimatum au gouvernement sénégalais sur les contrats pétroliers
Le président de l’Assemblée nationale du Sénégal, Ousmane Sonko, a récemment adressé un avertissement sans équivoque au gouvernement dirigé par Al Aminou Lo. Lors d’un discours marquant l’inauguration du siège du mouvement Pastef à Touba, il a menacé de renverser l’exécutif si les intérêts stratégiques du pays venaient à être sacrifiés dans les contrats pétroliers en cours de négociation.
Un discours en wolof pour dénoncer les dérives gouvernementales
Sous les regards attentifs de ses partisans, Ousmane Sonko a livré un discours percutant en langue wolof, accusant le Premier ministre Al Aminou Lo de trahir les promesses initiales du pouvoir en matière de souveraineté économique. Il a particulièrement ciblé la gestion des ressources gazières et phosphatées, dénonçant une politique qui, selon lui, « brade » les richesses naturelles du Sénégal au profit de multinationales comme BP et Kosmos.
Ce dernier discours s’inscrit dans une logique de fermeté affichée par Sonko, qui n’a pas hésité à comparer la politique actuelle à celle de l’ère Macky Sall, qu’il avait déjà critiquée à plusieurs reprises. « Nous connaissons parfaitement le rôle qu’il a joué dans cette situation », avait-il déclaré début juin à l’égard d’Al Aminou Lo. Dimanche, il est passé à l’action, brandissant la menace institutionnelle ultime : la motion de censure.
La motion de censure, une arme de dissuasion massive
Ousmane Sonko a clairement indiqué que son groupe politique n’hésiterait pas à utiliser tous les moyens constitutionnels à sa disposition pour protéger les intérêts du Sénégal. Dans un ton combatif, il a lancé : « S’ils ne respectent pas le pays, nous renverserons le gouvernement », promettant de renouveler cette procédure jusqu’à ce que les contrats pétroliers soient alignés sur les attentes citoyennes.
Pour renforcer son action, il a annoncé le dépôt imminent d’une proposition de loi révolutionnaire. Ce texte, porté par une députée de son parti, vise à soumettre tout futur contrat pétrolier ou gazier à un vote préalable des députés. L’objectif ? S’assurer que chaque accord respecte l’intérêt national avant toute signature. Ousmane Sonko s’est inspiré du modèle norvégien, souvent cité comme exemple de transparence dans la gestion des hydrocarbures.
Un combat historique pour les ressources naturelles
Ce coup d’éclat s’inscrit dans la continuité du combat mené par Ousmane Sonko sur les questions pétrolières. Lorsqu’il occupait le poste de Premier ministre au printemps 2026, il avait déjà initié une vaste enquête sur les « contrats hérités », dénonçant leur non-conformité avec le code pétrolier. Il avait salué des « victoires majeures » après avoir renégocié des blocs comme Yakaar-Teranga.
Aujourd’hui, il s’inquiète de voir ces avancées menacées par les récentes nominations, notamment à la tête de l’entreprise nationale Petrosen. Pour lui, l’équipe actuelle tente de freiner les renégociations en cours, une situation qu’il juge inacceptable.
Ce bras de fer entre l’Assemblée nationale et le gouvernement illustre les tensions politiques autour de la gestion des ressources naturelles, un sujet hautement sensible pour l’opinion publique sénégalaise.