Tchad : un médecin acquitté après un décès en salle d’opération

Le Tribunal de N’Djamena a rendu une décision historique dans une affaire médicale sensible. Un chirurgien, poursuivi pour homicide involontaire après le décès d’une patiente de 60 ans lors d’une opération, a été relaxé des chefs d’accusation pénale. Une amende civile de 50 000 francs CFA a cependant été prononcée à son encontre.

Tchad : un médecin acquitté après un décès en salle d'opération

Une affaire médicale sous les projecteurs

L’affaire, examinée par le Tribunal de Grande Instance de N’Djamena, a mis en lumière les enjeux de la responsabilité médicale au Tchad. Le chirurgien, dont l’identité n’a pas été dévoilée, était accusé d’avoir causé la mort de sa patiente lors d’une intervention chirurgicale. Les débats ont révélé des tensions entre la rigueur juridique et la complexité des pratiques médicales.

La défense plaide l’aléa thérapeutique

Lors de l’audience, le médecin a reconnu les circonstances du décès tout en contestant toute faute professionnelle. Son avocat a mis en avant le principe d’aléa thérapeutique, soulignant que chaque acte chirurgical comporte des risques, même dans les structures les plus encadrées. La famille de la victime avait par ailleurs signé une décharge de responsabilité, validant ainsi son consentement éclairé avant l’opération.

La défense a également souligné la carrière irréprochable du praticien et son engagement sans faille au service de ses patients, plaidant pour une clémence judiciaire. Aucun élément ne permettait, selon elle, d’établir une intention coupable ou une négligence avérée ayant directement conduit au drame.

Le parquet opte pour la relaxe

Le Ministère public, après avoir examiné les pièces du dossier, a requis la relaxe du chirurgien. Le procureur a estimé qu’aucune preuve ne permettait de retenir une faute médicale intentionnelle ou une négligence caractérisée. Il a mis en garde contre les dangers d’une judiciarisation excessive des actes médicaux, qui pourrait fragiliser la relation de confiance entre soignants et patients.

Un verdict sous conditions

Le tribunal a suivi les réquisitions du parquet. Le médecin a été acquitté des charges d’homicide involontaire, évitant ainsi une condamnation pénale. Cependant, une amende civile de 50 000 francs CFA a été prononcée à son encontre. Les motivations précises de cette sanction financière, probablement liée à des frais de procédure ou à une responsabilité civile résiduelle, n’ont pas été détaillées lors de l’audience.

Cette décision marque un tournant dans la gestion des litiges médicaux au Tchad, où la frontière entre erreur humaine et aléa thérapeutique reste souvent floue.