Yaoundé: la RDC se présente comme un rempart écologique face aux conflits

Lors de la 51ᵉ Session de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF) qui s’est tenue à Yaoundé du 6 au 11 juillet 2026, la République démocratique du Congo (RDC) a marqué les esprits en mettant en lumière son rôle de « pays solution » dans la lutte contre le changement climatique. Jean-Michel Sama Lukonde Kyenge, président du Sénat congolais, a porté haut cette vision lors de son intervention, tout en dénonçant les conséquences écologiques dévastatrices des conflits armés dans l’Est du pays, attribués au Rwanda via son soutien au groupe armé M23-AFC.

Plus de 300 parlementaires issus de 42 sections de l’espace francophone ont participé à cet événement majeur de la diplomatie parlementaire. L’occasion pour Kinshasa de rappeler l’importance stratégique du Bassin du Congo, deuxième plus grand massif forestier tropical au monde, et de sa biodiversité exceptionnelle.

Un engagement environnemental au cœur de la diplomatie congolaise

Dans son discours, Jean-Michel Sama Lukonde a réaffirmé la position de la RDC comme acteur clé dans la préservation des écosystèmes mondiaux. Il a notamment évoqué le projet du Couloir Vert Kivu-Kinshasa, une initiative ambitieuse couvrant plus de 500 000 km², visant à renforcer les efforts internationaux de lutte contre le réchauffement climatique.

« Notre pays s’affirme naturellement comme un véritable pays solution », a-t-il déclaré, soulignant les atouts naturels de la RDC et son rôle dans le maintien de l’équilibre climatique global. Pourtant, malgré ces engagements, le président du Sénat a déploré l’insuffisance des actions internationales face aux défis environnementaux actuels.

Les conflits armés, une menace pour les écosystèmes congolais

Outre les enjeux climatiques, Jean-Michel Sama Lukonde a dénoncé avec fermeté les répercussions des violences armées sur l’environnement en RDC. Il a pointé du doigt « l’agression injustifiée imposée par le Rwanda à travers ses supplétifs du M23-AFC », accusant ce conflit d’avoir provoqué des dégâts humains et écologiques majeurs.

Selon lui, les affrontements armés entraînent non seulement des pertes humaines et des déplacements massifs de populations, mais aussi la destruction des écosystèmes, la pollution des ressources en eau et la mise en danger de la faune et de la flore locales. « On ne peut pas prétendre assurer un équilibre climatique tant que, par la guerre, on pille et on détruit massivement les ressources naturelles », a-t-il martelé lors de son allocution.

Un appel à la solidarité francophone pour la paix et la protection de l’environnement

Face à ces défis, le président du Sénat congolais a lancé un plaidoyer en faveur d’un pacte climatique francophone, fondé sur la solidarité internationale et une meilleure prise en compte des besoins des communautés riveraines des zones forestières. Il a également annoncé le soutien de la RDC à la candidature de Julianna Lumumba pour la direction de la Francophonie, marquant ainsi une volonté de renforcer la coopération panafricaine.

Cette 51ᵉ Session de l’APF a également été l’occasion de tenir la 11ᵉ édition du Parlement francophone des jeunes (PFJ), réunissant 61 jeunes issus de 29 sections francophones. Une plateforme essentielle pour sensibiliser la jeunesse aux enjeux environnementaux et politiques de l’espace francophone.

Jean-Michel Sama Lukonde, Président du Sénat