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Vue aérienne de la base de Dihiaga, dans la région des Savanes, début 2024.

Les nouvelles alliances stratégiques du Togo face à la menace terroriste

Le Togo renforce discrètement ses capacités de défense face à la montée des groupes armés au Sahel. Entre 2023 et 2025, Lomé a tissé des partenariats discrets avec la Turquie pour obtenir un appui aérien et logistique, tandis que la Russie, via son Africa Corps, a également fait son entrée sur la scène togolaise. Une stratégie qui interroge.

Une réponse sécuritaire face à l’expansion des groupes jihadistes

La région des Savanes, au nord du Togo, est devenue un théâtre d’opérations pour des groupes armés venus du Sahel. Face à cette menace grandissante, le gouvernement togolais a pris des mesures exceptionnelles. Les autorités de Lomé ont multiplié les contacts avec des acteurs internationaux pour sécuriser les frontières et protéger les populations.

La Turquie, un partenaire inattendu mais stratégique

Dès 2023, Lomé a engagé des discussions avec la Turquie pour renforcer ses capacités aériennes. Ankara a répondu présent, offrant un soutien technique et logistique essentiel. Cette collaboration s’est concrétisée par des livraisons d’équipements et des formations pour les forces togolaises. Une alliance qui permet au Togo de disposer d’une couverture aérienne accrue.

Les analystes soulignent l’importance de ce partenariat, qui permet à Lomé de diversifier ses sources d’approvisionnement en matériel militaire. La Turquie, réputée pour sa production d’aéronefs et de drones, représente une alternative crédible aux fournisseurs traditionnels.

L’arrivée remarquée de l’Africa Corps russe

Depuis 2025, un autre acteur a fait son apparition sur la scène togolaise : Moscou, via son Africa Corps. Ce groupe de mercenaires, connu pour son intervention dans plusieurs conflits africains, a été sollicité par Lomé pour des missions de formation et de conseil. Une décision qui a suscité des interrogations sur les motivations profondes de cette collaboration.

Certains observateurs évoquent une possible volonté de Faure Gnassingbé de diversifier ses partenariats militaires, tandis que d’autres y voient une réponse à la pression exercée par les groupes armés. Quelles que soient les raisons, cette présence russe marque un tournant dans l’équilibre géopolitique de la sous-région.

Les enjeux d’une stratégie militaire diversifiée

Le Togo se trouve désormais au cœur d’un jeu d’alliances complexes. Entre la Turquie, la Russie et d’autres partenaires, Lomé tente de sécuriser son territoire tout en préservant sa souveraineté. Cette diversification des sources d’approvisionnement militaire pourrait bien devenir un modèle pour d’autres pays d’Afrique de l’Ouest.

Cependant, cette stratégie ne va pas sans risques. Les alliances avec des acteurs étrangers, notamment ceux impliqués dans des conflits régionaux, pourraient attirer l’attention indésirable de groupes armés ou de puissances concurrentes. Le gouvernement togolais devra donc naviguer avec prudence dans cet environnement géopolitique tendu.

Russie – Afrique Africa Corps Faure Gnassingbé