La réaction de l’armée de l’air du Tchad a été immédiate suite aux assauts nocturnes violents menés par des insurgés djihadistes contre la base de Barka Tolorom. Cette attaque initiale avait coûté la vie à 25 soldats, dont deux officiers de haut rang, et laissé des dizaines de blessés le 4 mai dernier. En représailles, les forces aériennes ont pilonné plusieurs zones insulaires du lac Tchad, situées aux confins des frontières avec le Nigeria et le Niger.
Des raids aériens aux lourdes conséquences civiles
Les bombardements ont principalement visé l’île de Shuwa, identifiée comme un repaire stratégique pour Boko Haram. Cependant, cette zone est également un centre névralgique pour l’activité halieutique régionale. Selon les informations rapportées, ces frappes auraient touché de nombreux civils présents sur place pour la pêche.
Un représentant syndical local a fait état d’un bilan alarmant : au moins 40 pêcheurs originaires du Nigeria sont portés disparus. Il est fortement redouté qu’ils aient péri par noyade durant l’offensive. La majorité de ces victimes résidaient à Doron Baga, une ville côtière nigériane tristement célèbre pour avoir subi un massacre de grande ampleur en 2015.
Le silence des autorités nigérianes
Pour l’heure, les officiels du Nigeria n’ont pas encore réagi à ces allégations concernant leurs ressortissants. Ce silence intervient alors que l’armée nigériane elle-même fait régulièrement face à des critiques pour des dommages collatéraux lors d’opérations aériennes contre les groupes terroristes dans la région.