Une proposition de loi examinée ce lundi à l’Assemblée nationale pourrait changer le paysage audiovisuel du football français. Elle prévoit notamment l’obligation de diffuser gratuitement une rencontre de Ligue 1 chaque semaine. Après plusieurs reports, les députés se penchent enfin sur ce texte qui vise à réformer en profondeur le sport professionnel.

L’amendement, défendu en séance publique, part d’un constat : la multiplication des diffuseurs et des abonnements payants éloigne les supporters des stades et des écrans, tout en favorisant le piratage. Les parlementaires à l’origine de cette mesure souhaitent ainsi garantir un accès minimal au championnat phare du football français.

Une opposition ferme des clubs

La proposition ne fait toutefois pas l’unanimité. Les ligues professionnelles et plusieurs acteurs du sport ont exprimé leur vive opposition dans un communiqué commun daté du 25 juin. Selon eux, une diffusion gratuite obligatoire réduirait mécaniquement la valeur des droits télévisés, au moment où le football hexagonal a besoin de diversifier et de renforcer ses financements. Vingt-deux présidents de clubs de Ligue 1 et de Ligue 2 ont également signé une tribune pour dénoncer un dispositif qu’ils jugent « non neutre ».

Le texte est encore loin d’être définitif. Il pourra être modifié après les débats à l’Assemblée nationale, puis sera examiné en commission mixte paritaire le 21 juillet. Au-delà de la diffusion gratuite, la proposition de loi aborde d’autres sujets : la lutte contre le piratage, le renforcement du rôle des fédérations et du ministère des Sports dans la gouvernance des ligues professionnelles, la redistribution des revenus audiovisuels et le plafonnement de la rémunération des dirigeants.