
Le gouvernement de transition au Burkina Faso a récemment pris des mesures drastiques à l’encontre du milieu associatif. Depuis la mi-avril, ce sont 811 organisations qui ont été frappées par une mesure de suspension, tandis que 118 autres ont été purement et simplement dissoutes. Les autorités justifient ces décisions par le non-respect des textes en vigueur, notamment en ce qui concerne le renouvellement des instances dirigeantes.
Un contrôle accru sur la société civile
Les structures concernées opèrent dans des secteurs variés tels que l’éducation, la santé, la promotion du genre ou encore les activités religieuses. Durant cette période de suspension, ces entités ne sont autorisées qu’à entreprendre les démarches nécessaires pour régulariser leur situation administrative auprès des services compétents.
Cette offensive réglementaire s’appuie sur une législation promulguée en juillet 2025 par le capitaine Ibrahim Traoré. Ce texte, tout en réaffirmant le principe de la liberté d’association, impose des contraintes rigoureuses en matière de déclaration et de surveillance administrative. Le non-respect de ces obligations expose désormais les organisations à des sanctions sévères, pouvant mener à leur disparition définitive.
Lutte contre le terrorisme et accusations de répression
Pour l’exécutif burkinabè, l’objectif de cette manœuvre est clair : accroître la transparence, établir une cartographie précise des acteurs non gouvernementaux et barrer la route au blanchiment de capitaux ainsi qu’au financement du terrorisme. Cependant, cette politique ne fait pas l’unanimité au sein des observateurs internationaux.
Plusieurs organisations internationales et associations bénéficiant de fonds étrangers se retrouvent régulièrement dans le viseur du pouvoir, parfois soupçonnées de collusion avec des groupes armés ou d’activités d’espionnage. Des défenseurs des droits humains s’inquiètent de cette situation, dénonçant une stratégie visant à museler la société civile et à instaurer un climat de répression généralisée dans le pays.