VISITE OFFICIELLE

Visite officielle : trois accords majeurs signés entre la RDC et le Gabon

Les relations entre la République démocratique du Congo (RDC) et le Gabon franchissent une nouvelle étape avec la signature de trois accords bilatéraux lors d’une rencontre à Libreville. Félix Tshisekedi et Brice Clotaire Oligui Nguema ont officialisé samedi 15 août 2026 des instruments couvrant le dialogue diplomatique, la libre circulation des citoyens et un cadre général de partenariat renforcé. Parallèlement, le Gabon a apporté son soutien à la candidature de Juliana Amato Lumumba pour diriger l’Organisation internationale de la Francophonie.

Signature d'accords entre la RDC et le Gabon

La RDC et le Gabon renforcent leur collaboration politique et économique à travers trois accords signés sous l’égide de leurs chefs d’État. Le premier instaure des consultations diplomatiques régulières pour consolider leur partenariat. Le deuxième prévoit une exemption de visas entre les deux pays, facilitant ainsi les déplacements des ressortissants congolais et gabonais. Le troisième établit un cadre commun pour les futures initiatives conjointes. Ces mesures visent à structurer un dialogue plus fluide entre les administrations et à dynamiser les échanges économiques. L’exemption de visas, en particulier, devrait avoir un impact immédiat sur les citoyens des deux nations, sous réserve des modalités pratiques d’application.

Coopération économique : transformation des ressources et investissements

Félix Tshisekedi et Brice Oligui Nguema ont échangé sur les opportunités de coopération économique, notamment dans les secteurs des investissements et de la transformation des matières premières. Le Gabon, reconnu pour sa politique industrielle axée sur la valorisation locale du bois, a présenté son modèle à la délégation congolaise. La RDC, riche en ressources naturelles, ambitionne quant à elle d’augmenter la valeur ajoutée de ses exportations. La visite de Félix Tshisekedi à la Zone économique spéciale de Nkok, près de Libreville, a permis d’explorer des pistes de collaboration industrielle, notamment dans la transformation des ressources forestières et minières. Cette plateforme gabonaise, symbole d’une économie tournée vers l’industrie, pourrait inspirer des projets similaires en RDC.

Renforcement de la concertation en Afrique centrale

Les enjeux régionaux ont occupé une place centrale lors des discussions. La RDC et le Gabon, membres de l’espace d’Afrique centrale, ont souligné l’importance d’une coordination accrue face aux défis sécuritaires, économiques et diplomatiques de la sous-région. Kinshasa, préoccupée par la situation dans l’est de son territoire, et Libreville, soucieuse de consolider son influence diplomatique, ont convenu d’instaurer un dialogue politique permanent. L’objectif est de transformer les échanges ponctuels en une dynamique continue, au service de la stabilité et du développement régional.

Soutien gabonais à la candidature congolaise à l’OIF

Un volet diplomatique majeur a émergé de cette rencontre : le Gabon a apporté son « soutien total » à la candidature de Juliana Amato Lumumba au poste de secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Cette annonce, relayée par la Présidence congolaise, renforce la position de Kinshasa dans sa campagne pour diriger l’institution francophone. Juliana Amato Lumumba, en lice depuis plusieurs mois, multiplie les démarches pour rallier les États membres, avec l’appui désormais confirmé de Libreville. Cette alliance stratégique pourrait jouer un rôle clé dans l’aboutissement de sa candidature.

La visite de Félix Tshisekedi à Nkok a également mis en lumière l’importance de la transformation locale des ressources. Cette zone industrielle gabonaise, référence en matière de valorisation du bois, a servi de cadre à des échanges concrets sur les mécanismes à transposer en RDC. Avec un potentiel forestier et minier considérable, mais une transformation encore limitée, la RDC cherche à s’inspirer des bonnes pratiques gabonaises pour booster son industrie et maximiser les retombées économiques de ses ressources naturelles.