Yaoundé impose l’enregistrement digital des taxis : une révolution dans le transport urbain

Taxi à Yaoundé avec plaque d'immatriculation numérique

Pour éradiquer le désordre récurrent dans le secteur des taxis à Yaoundé, les autorités municipales ont lancé une mesure drastique : l’enregistrement digital obligatoire de tous les véhicules et leurs conducteurs. Cette initiative, effective depuis fin juin 2026, marque un tournant dans la gestion des transports urbains.

Luc Messi, maire de Yaoundé, a précisé les contours de cette réforme : « Cet enregistrement n’est pas une simple formalité administrative. Il est obligatoire et le numéro de portière attribué après validation sera le seul reconnu légalement ». Une façon de mettre fin aux pratiques anarchiques qui gangrènent le secteur.

Jusqu’à présent, les numéros de portières étaient apposés sans aucun contrôle, laissant la porte ouverte aux abus et à l’insécurité. Avec cette plateforme numérique, la ville ambitionne de sécuriser durablement le transport par taxi.

Catherine Kalisa, conseillère technique au projet « mobilité verte Yaoundé », explique l’objectif : « Cette base de données centralisée permettra de tracer chaque véhicule et d’assurer un suivi rigoureux des conducteurs ». Une première étape vers une meilleure régulation du secteur.

Dès le lancement de l’opération, une dizaine de chauffeurs se sont conformés à la nouvelle procédure. Pourtant, certains professionnels du secteur restent sceptiques. Jacques Didi, conducteur de taxi, critique ouvertement cette mesure : « Pourquoi se focaliser sur les taxis alors que l’état des routes est déplorable ? Ce code QR ne résoudra en rien nos problèmes quotidiens ».

Du côté des syndicats, l’espoir est de mise. Patrice Samen, figure emblématique du syndicalisme des transports au Cameroun, voit dans cette réforme une avancée majeure : « Enfin, une action concrète contre le transport clandestin qui sévit à Yaoundé. Nous exhortons tous les chauffeurs à se plier à cette obligation pour assainir le secteur ».

une échéance impérative fixée au 5 octobre

Les autorités municipales ont fixé une date butoir : le 5 octobre 2026. Passé ce délai, tout taxi non enregistré sera passible de sanctions. Luc Messi a prévenu : « Les contrevenants s’exposeront à des mesures coercitives sans appel ». Une pression supplémentaire pour accélérer l’adhésion à cette nouvelle réglementation.