Rabat et Nouakchott intensifient leur partenariat militaire en se focalisant sur la surveillance des zones frontalières, la lutte antiterroriste et le démantèlement du crime organisé, dans un environnement régional marqué par une fragilité croissante.

Une synergie sécuritaire face aux périls régionaux

La consolidation des liens de défense entre le Maroc et la Mauritanie est une réponse directe à la dégradation de la sûreté au Sahel, où l’expansion des trafics illégaux menace l’équilibre local. Cette coopération bilatérale privilégie la sécurisation des étendues désertiques partagées par les deux nations.

Le déplacement du lieutenant-général Mohammed Berrid à Nouakchott a illustré la mutation de cette relation militaire. Ce qui n’était autrefois qu’une simple coordination technique s’est transformé en un cadre opérationnel structuré, prêt à relever les défis sécuritaires majeurs de la zone.

Bilan de la sixième Commission militaire mixte

Cette rencontre s’est tenue sous l’égide de la sixième session de la Commission militaire mixte Maroc-Mauritanie, dirigée conjointement par Mohammed Berrid et le général Mohamed Vall Ould Rayess. Les échanges ont mis en lumière des progrès tangibles renforçant cette alliance stratégique, notamment pour contrer les menaces transfrontalières avec une efficacité accrue.

Au niveau protocolaire, le chef de l’État mauritanien, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, a reçu officiellement le haut responsable marocain en présence de Hamid Chabar, ambassadeur du Royaume en Mauritanie. Par ailleurs, Hanana Ould Sidi, ministre de la Défense, a remis à Mohammed Berrid l’Ordre national du Mérite, témoignant de l’importance capitale de ce dossier pour les deux pays.

Évolution historique et piliers de l’alliance

Bien que les premiers jalons datent de 1971, c’est le protocole de 2006 qui a véritablement institutionnalisé cette commission. Face à l’instabilité persistante au Sahara et au Sahel, ce partenariat est devenu indispensable. Il se concentre désormais sur des leviers cruciaux : la gestion des flux migratoires, la lutte contre les réseaux terroristes et la neutralisation des couloirs de contrebande dans le désert.

L’engagement mutuel vise à paralyser les capacités logistiques des organisations criminelles. Les zones frontalières, souvent perméables, font l’objet d’une attention particulière pour empêcher l’intrusion de groupuscules armés impliqués dans le trafic de stupéfiants et d’armes.

Formation militaire et coopération technique

Le volet éducatif occupe une place centrale avec des échanges réguliers entre les académies militaires des deux pays. Les programmes incluent des manœuvres tactiques, des exercices de déminage et des sessions d’entraînement au tir. Cette interopérabilité est renforcée par la participation à des centres d’excellence liés au G5 Sahel, utilisant des technologies de simulation de pointe.

La feuille de route établie à Rabat en 2024 continue de guider les actions prévues pour 2025. La réunion de Nouakchott a validé cette trajectoire, garantissant une gestion proactive des risques qui pèsent sur la souveraineté des deux États.

Un rempart pour la stabilité de l’Afrique du Nord

L’équilibre du Sahara occidental et la lutte contre l’extrémisme au Sahel restent les priorités absolues. En sécurisant les axes stratégiques, le Maroc et la Mauritanie ne protègent pas seulement leurs territoires, mais agissent comme un véritable pilier de stabilité pour l’ensemble de la région africaine.

Cette alliance s’affirme comme un outil pragmatique de pacification, capable de répondre avec précision aux mutations constantes des menaces sécuritaires dans l’une des zones les plus complexes du continent.